Limitée à 0,8 % en 2026, la revalorisation nationale des valeurs locatives cadastrales pourrait approcher 3 % en 2027. À cette hausse automatique pourront s’ajouter les décisions prises localement par les communes. Une évolution à surveiller pour les professionnels de l’immobilier, alors que la taxe foncière pèse de plus en plus dans le coût de détention des logements et dans les calculs de rentabilité des investisseurs.
Une hausse contenue à 0,8 % en 2026
Les propriétaires bénéficient cette année d’un relatif répit. En 2026, les valeurs locatives cadastrales servant de base au calcul de la taxe foncière ont été revalorisées de 0,8 % au niveau national.
Cette évolution est nettement inférieure aux hausses enregistrées au plus fort de la période inflationniste : les bases avaient progressé de 3,4 % en 2022, de 7,1 % en 2023 puis de 3,9 % en 2024.
La facture finale ne dépend toutefois pas uniquement de cette revalorisation nationale. Les collectivités locales votent également leurs propres taux. En 2026, la grande majorité d’entre elles ont choisi la stabilité : selon les données de la Direction générale des finances publiques, 29 893 communes, soit 85,8 % des 34 841 communes recensées, ont maintenu leur taux.
À l’inverse, 4 731 communes, soit 13,6 %, l’ont augmenté. Seules 217 communes, représentant 0,6 % du total, ont choisi de le réduire.
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Une revalorisation qui pourrait approcher 3 % en 2027
L’accalmie pourrait être de courte durée. La revalorisation annuelle des valeurs locatives cadastrales est directement liée à l’évolution de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) constatée en novembre de l’année précédente.
Pour la taxe foncière 2027, c’est donc l’évolution des prix mesurée en novembre 2026 qui sera déterminante.
Selon les projections actuellement disponibles de l’Insee, l’IPCH pourrait progresser d’environ 2,9 % sur un an en novembre. Si cette prévision se confirme, les bases cadastrales pourraient donc être revalorisées de près de 3 % en 2027, contre seulement 0,8 % cette année.
Il ne s’agit à ce stade que d’une projection. Le niveau définitif dépendra de l’inflation effectivement constatée à la fin de l’année.
Les décisions des communes pourraient amplifier le mouvement
Pour les propriétaires, une seconde inconnue demeure : l’évolution des taux votés localement.
Une revalorisation nationale de 3 % ne signifie donc pas nécessairement que chaque taxe foncière progressera exactement dans les mêmes proportions. Une commune qui maintient son taux fera mécaniquement subir à ses propriétaires la hausse de la base cadastrale. Une collectivité qui décide parallèlement de relever son taux amplifiera l’augmentation de la facture.
Après une année 2026 marquée par une forte stabilité des taux locaux, leur évolution en 2027 sera donc particulièrement surveillée.
Un paramètre de plus en plus important pour la rentabilité locative
Pour les professionnels de l’immobilier, l’évolution de la taxe foncière dépasse la seule question fiscale. Elle intervient directement dans le calcul du coût de détention d’un bien et, pour les investisseurs, dans celui de la rentabilité nette d’un investissement locatif.
Son poids peut notamment modifier l’équation économique dans les villes où les prix immobiliers offrent déjà des rendements relativement faibles ou lorsque les charges supportées par le propriétaire sont élevées.
Agents immobiliers, administrateurs de biens et conseillers en investissement ont donc intérêt à intégrer davantage cette donnée dans leurs simulations. Deux biens affichant un prix et un loyer comparables peuvent présenter des rendements nets sensiblement différents en fonction de leur fiscalité locale.
Après la hausse des taux d’intérêt et le renforcement des contraintes énergétiques ces dernières années, la fiscalité locale constitue ainsi un autre élément du coût réel de détention que les investisseurs regardent de plus près.
La taxe foncière 2027 ne sera définitivement connue que lorsque l’évolution de l’IPCH de novembre 2026 et les taux votés par les collectivités seront établis. Mais pour les professionnels comme pour les propriétaires bailleurs, le scénario d’une hausse sensiblement supérieure à celle de 2026 est désormais à intégrer dans les projections.





