Réunis ce lundi 2 novembre à l’Assemblée nationale, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, Annaïg Le Meur, présidente du Conseil national de l’habitat, et les dirigeants de SAFTI ont dressé un état des lieux du marché immobilier et de ses perspectives. À quinze jours de l’examen du projet de loi « Relance logement », le gouvernement affiche sa volonté de soutenir l’accession à la propriété et de redynamiser le secteur. De son côté, SAFTI prévoit 900 000 transactions dans l’ancien en 2027, tandis qu’une étude Kantar confirme que les Français n’ont pas renoncé à acheter.
« Je suis plus ministre de la crise du logement que ministre du Logement. » En ouverture de la Semaine de l’Immobilier et du Logement, Vincent Jeanbrun n’a pas cherché à minimiser les difficultés du secteur. Invité d’honneur d’une conférence organisée à l’Assemblée nationale autour des perspectives du marché immobilier, le ministre a néanmoins voulu adresser un message de confiance aux professionnels.
À ses côtés, Annaïg Le Meur, députée du Finistère, présidente du Conseil national de l’habitat (CNH) et rapporteure du projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement, a défendu la nécessité d’une mobilisation politique dépassant les clivages partisans.
Une rencontre organisée avec la participation de SAFTI, représenté par ses cofondateurs Gabriel Pacheco et Marc Brimeux, et animée par Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du management des services immobiliers (IMSI).
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Vincent Jeanbrun veut faire aboutir la relance du logement dès novembre
Le calendrier se précise. Le projet de loi « Relance logement », déjà examiné au Sénat puis en commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale, doit arriver dans l’hémicycle le 17 novembre. Le ministre a même évoqué la possibilité d’un examen dès le 16 novembre, selon l’évolution des débats budgétaires.
Vincent Jeanbrun s’est montré confiant quant à l’issue des discussions parlementaires, tout en reconnaissant les difficultés inhérentes à la situation politique actuelle.
« La politique, c’est rendre possible ce qui est absolument nécessaire », a-t-il déclaré, avant de rappeler que relancer le logement constituait précisément l’une de ces nécessités.
Le ministre a insisté sur le caractère consensuel du texte, construit à travers des échanges avec plusieurs forces politiques. L’objectif est désormais de parvenir à une adoption définitive, malgré un calendrier parlementaire particulièrement contraint.
Parmi les mesures évoquées figure notamment l’amélioration du dispositif d’investissement locatif dit « Jeanbrun », dont le volet consacré à l’ancien doit être retravaillé pour devenir pleinement opérationnel.
Le ministre a également rappelé les mesures envisagées en faveur de l’accession à la propriété dans le cadre des discussions budgétaires, notamment la prolongation du prêt à taux zéro et la création d’un PTZ « parentalité », qui permettrait, sous certaines conditions, de bénéficier une seconde fois d’un prêt à taux zéro à l’occasion de l’arrivée d’un enfant.
Autant de leviers destinés à soutenir les ménages et à fluidifier un marché encore confronté à de nombreux blocages.
« Notre responsabilité est de lever ces freins. C’est tout le sens du plan de relance du logement que nous avons engagé avec le Premier ministre », a souligné Vincent Jeanbrun.
Et de préciser l’ambition du gouvernement. « Avec ce texte, nous voulons redonner confiance aux investisseurs, soutenir l’accession à la propriété, remettre des logements sur le marché et permettre aux Français de se loger là où ils vivent et travaillent. »
Annaïg Le Meur défend une loi pragmatique et la décentralisation du logement
Pour Annaïg Le Meur, l’enjeu dépasse les seules mesures techniques. La présidente du Conseil national de l’habitat a salué l’arrivée d’un projet de loi attendu depuis plusieurs années, capable selon elle de répondre à la diversité des situations locales.
« Le logement est un domaine qui parvient à rassembler de façon transpartisane. Le travail du parlement sur le projet de loi du ministre Vincent Jeanbrun en apporte la preuve », a-t-elle déclaré.
La députée a notamment salué le travail effectué en commission des affaires économiques, qui a permis d’enrichir le texte issu du Sénat.
« On va vers une loi pragmatique, avec des outils puissants pour le logement des Français. »
L’un des axes majeurs du projet repose sur la décentralisation des politiques du logement. Une orientation à laquelle Annaïg Le Meur se dit particulièrement attachée.
Les besoins ne sont pas identiques d’un territoire à l’autre, a-t-elle rappelé lors de son intervention. Les ressources disponibles, les attentes des habitants ou encore les réalités économiques locales imposent de construire des réponses adaptées, en lien avec les élus.
La présidente du CNH a également replacé cette réforme dans une perspective plus politique, à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027.
Elle regrette que le logement n’ait pas toujours occupé la place qu’il mérite dans les débats nationaux et souhaite que les prochaines échéances électorales permettent de replacer durablement cette question parmi les priorités des responsables politiques.
Une conviction partagée par le ministre, qui a conclu dans sa déclaration officielle : « Le logement est au cœur de toutes les fractures françaises. Nous avons décidé d’agir vite et fort. »
SAFTI anticipe 900 000 transactions immobilières en 2027
Sur le terrain économique, le constat dressé par SAFTI se veut plus rassurant que celui que pourrait laisser supposer le climat politique et financier.
Après 952 000 transactions dans l’ancien en 2025, le marché devrait terminer l’année 2026 autour de 920 000 ventes, soit un recul d’environ 3 %.
Pour 2027, Gabriel Pacheco, président de SAFTI, anticipe une nouvelle baisse modérée, avec 900 000 transactions et un ajustement des prix pouvant atteindre 2 %.
Une prévision qui repose notamment sur l’évolution attendue des taux immobiliers. Selon les hypothèses présentées par le réseau, le taux moyen sur vingt ans, estimé à 3,50 % à la rentrée 2026, pourrait atteindre 3,80 % en fin d’année, puis 4 % à la mi-2027.
Malgré cette perspective, Gabriel Pacheco refuse de parler d’effondrement du marché. Selon lui, les volumes de transactions observés au cours des années de taux exceptionnellement bas ne constituent pas nécessairement une référence normale.
Le marché retrouverait aujourd’hui des niveaux plus proches de sa moyenne de long terme, soutenu notamment par les besoins structurels des ménages : déménagements, séparations, successions ou changements de situation personnelle.
Le réseau revendique d’ailleurs une croissance supérieure à celle du marché. Avec 30 000 ventes attendues en 2026, SAFTI prévoit une progression de 5 % de son activité en volume, soit huit points de mieux que le marché national.
Fondé en 2010, le réseau compte aujourd’hui 6 500 conseillers immobiliers indépendants en France et a réalisé un chiffre d’affaires de 225 millions d’euros en 2025.
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Les Français veulent toujours acheter, mais peinent à trouver le bon bien
C’est sans doute l’un des enseignements les plus intéressants de cette matinée. Selon une étude Kantar réalisée pour SAFTI auprès de 1 156 prospects acquéreurs ayant contacté le réseau, 71 % des personnes interrogées souhaitent toujours acheter. Parmi celles qui poursuivent leur recherche, 72 % se disent confiantes dans leur capacité à concrétiser leur projet.
Un résultat qui vient nuancer l’idée d’un marché immobilier paralysé par l’incertitude.
« Ces chiffres montrent une chose essentielle : les Français n’ont pas renoncé à devenir propriétaires. L’envie d’acheter est toujours là, les projets de vie sont toujours là », a insisté Vincent Jeanbrun.
Le ministre a néanmoins rappelé les obstacles qui continuent de freiner les ménages : prix des biens, localisation, coût des travaux et conditions de financement.
Mais l’étude révèle surtout que le premier obstacle n’est pas nécessairement celui que l’on imagine.
Parmi les personnes interrogées qui rencontrent des difficultés dans leur recherche, 66 % déclarent ne pas trouver de bien correspondant à leurs critères. Les prix jugés trop élevés arrivent ensuite, cités par 41 % des répondants, tandis que les taux d’intérêt ne sont mentionnés que par 9 %.
Autrement dit, la difficulté ne réside pas uniquement dans le financement, mais aussi dans l’adéquation entre l’offre disponible et les attentes des acquéreurs.
Des acheteurs prêts à faire des concessions pour devenir propriétaires
L’étude met également en évidence une évolution des comportements. Parmi les acquéreurs encore en recherche, 75 % se disent prêts à revoir certains critères pour concrétiser leur projet.
Les concessions les plus fréquemment envisagées concernent l’achat d’un logement nécessitant des travaux (34 %), la recherche dans une autre localisation (24 %) ou le choix d’une surface plus petite (19 %).
Pour Gabriel Pacheco, cette capacité d’adaptation confirme le rôle central des professionnels de la transaction dans un marché devenu plus exigeant.
« Les acheteurs sont toujours là. Dans un marché plus exigeant, la négociation est essentielle et c’est précisément le cœur du métier de nos conseillers. »
Le président de SAFTI souligne notamment l’importance d’une estimation au juste prix et d’un accompagnement permettant aux acquéreurs de mesurer les conséquences financières de leurs arbitrages.
Le réseau observe par ailleurs une relative stabilité de ses indicateurs de transaction. En 2026, le délai moyen entre la prise de mandat et le compromis atteint 112 jours pour les maisons et 108 jours pour les appartements, tandis que les marges de négociation s’établissent respectivement à 4,8 % et 3,7 %.
Une année 2027 décisive pour le logement
À l’issue de cette matinée, un constat semble faire consensus entre les représentants politiques et les professionnels présents : la demande immobilière demeure, mais les conditions de sa concrétisation doivent être améliorées.
Pour Vincent Jeanbrun et Annaïg Le Meur, cela passe par une relance de l’investissement, des mesures favorisant l’accession à la propriété et une meilleure adaptation des politiques du logement aux réalités territoriales.
Pour SAFTI, l’enjeu réside aussi dans la capacité des professionnels à accompagner des acquéreurs toujours motivés, mais plus attentifs aux prix et davantage contraints dans leurs choix.
À quinze jours de l’examen du projet de loi « Relance logement », le gouvernement joue donc une partie importante de sa politique du logement.
Et si les perspectives de marché présentées par SAFTI n’annoncent pas de véritable rebond en 2027, elles rappellent au moins une réalité : les Français n’ont pas renoncé à leurs projets immobiliers. Reste à leur donner les moyens de les concrétiser.
Source : conférence de presse SAFTI du 2 novembre 2026 à l’Assemblée nationale, interventions de Vincent Jeanbrun et Annaïg Le Meur, bilan et perspectives SAFTI 2026-2027. Étude Kantar réalisée en ligne du 1er au 13 octobre 2026 auprès de 1 156 prospects acquéreurs de SAFTI. Échantillon non représentatif de l’ensemble de la population française.





