Breaking News

Crise du logement, les priorités des Français pour sortir de l’impasse

Par Hadrien Le Roux

mar 20 octobre 2026

Partager :

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, une consultation citoyenne menée par Orpi et Make.org auprès de 16 348 participants met en lumière les principales attentes en matière de logement. Les relations entre propriétaires et locataires arrivent largement en tête des préoccupations, devant la régulation du marché et le financement de l’acquisition. Accès à la propriété, sécurisation des rapports locatifs et encadrement des locations touristiques figurent parmi les grandes priorités qui émergent de cette consultation.

Comment sortir durablement de la crise du logement ? Alors que les difficultés d’accès à la propriété, les tensions sur le marché locatif et les contraintes réglementaires continuent de peser sur les ménages, Orpi a choisi de donner la parole aux Français.

Organisée en partenariat avec Make.org du 7 avril au 28 mai 2026, cette consultation nationale a réuni 16 348 participants, généré 1 053 propositions et recueilli 178 362 votes. Une démarche destinée à identifier les principales attentes des citoyens et à nourrir les réflexions sur les politiques du logement à l’approche de la présidentielle.

Premier constat, les préoccupations exprimées dépassent largement la seule question de la construction. Elles portent avant tout sur la sécurisation des relations locatives, l’accès au financement et la régulation du marché immobilier.

A lire aussi : immobilier, une reprise encore fragile à l’approche de 2027

Les relations entre propriétaires et locataires concentrent les préoccupations

C’est le sujet qui domine la consultation. Selon la synthèse publiée par Orpi, les relations entre propriétaires et locataires représentent 37 % des propositions formulées, loin devant la régulation du marché du logement (19 %) et le financement de l’acquisition (19 %). La fiscalité immobilière et la construction arrivent plus loin, avec chacune 7 % des contributions.

Derrière ces chiffres, deux attentes se rejoignent. Les locataires réclament davantage de protection face aux manquements des bailleurs, à travers des contrôles renforcés, des sanctions et des recours simplifiés. Les propriétaires souhaitent, de leur côté, être mieux protégés contre les impayés, les squats et les situations d’abus.

Loin de se limiter à une opposition entre bailleurs et occupants, les contributions traduisent une demande de sécurité juridique et de règles plus équilibrées. Un enjeu central pour restaurer la confiance sur un marché locatif déjà soumis à de fortes tensions.

A lire aussi : Orpi bouscule les codes avec le mandat exclusif sans engagement

L’accession à la propriété reste une priorité majeure

Devenir propriétaire reste une priorité pour les participants à la consultation, mais les obstacles financiers pèsent sur les projets d’acquisition. Le coût de l’achat et les conditions d’accès au crédit figurent parmi les principales difficultés soulevées, particulièrement pour les jeunes ménages et les primo-accédants.

Au-delà du niveau des taux, les participants plaident pour des dispositifs de financement mieux adaptés à la diversité des situations professionnelles. Une attente qui concerne notamment les ménages aux parcours moins traditionnels, pour lesquels l’accès à l’emprunt peut s’avérer plus complexe.

La fiscalité immobilière fait davantage débat. Contrairement aux mesures destinées à faciliter l’accession, la question de la taxe foncière ne fait pas émerger de position commune. Un contraste qui illustre la difficulté de concilier soutien à l’achat immobilier et fiscalité de la propriété.

Les locations touristiques dans le viseur des participants

La régulation des locations touristiques de courte durée s’impose également parmi les priorités exprimées. Les participants souhaitent mieux encadrer ces activités afin de préserver l’offre de logements permanents, particulièrement dans les territoires où la pression immobilière est la plus forte.

Si le principe d’une régulation fait largement consensus, son intensité divise davantage. Certains défendent des restrictions importantes, voire une limitation très forte des locations touristiques, quand d’autres privilégient des mesures plus ciblées.

Une divergence qui reflète les difficultés à concilier attractivité touristique, intérêts des propriétaires et besoins résidentiels. Elle souligne aussi la nécessité d’adapter les réponses aux réalités locales, tant les situations diffèrent entre grandes métropoles, stations touristiques et territoires ruraux.

Construction et rénovation ne figurent pas parmi les premières préoccupations

Plus surprenant, les questions de construction et d’urbanisme ne représentent que 7 % des propositions recensées dans la synthèse d’Orpi.

La rénovation et l’amélioration de l’habitat arrivent encore plus loin, avec 3 % des contributions, tandis que les modèles alternatifs de logement et de propriété ne concentrent que 2 % des propositions.

Ces résultats ne signifient pas que les participants considèrent ces enjeux comme secondaires. Ils montrent toutefois que leurs préoccupations spontanées portent davantage sur les difficultés immédiates rencontrées pour louer, acheter ou conserver un logement.

Le décalage est intéressant au regard du débat public, souvent centré sur les objectifs de construction neuve, la rénovation énergétique ou la production de logements sociaux.

Il suggère que les politiques publiques devront répondre simultanément à deux impératifs. Augmenter l’offre de logements sur le long terme, mais aussi améliorer rapidement les conditions d’accès au parc existant.

Orpi réclame une loi intégrale sur le logement dès 2027

Fort de ces enseignements, Orpi entend peser dans le débat présidentiel. Le réseau coopératif, qui revendique plus de 1 250 agences en France, défend l’adoption d’une loi intégrale sur le logement dès le début du prochain quinquennat, afin de mettre fin à l’instabilité réglementaire et de donner davantage de cohérence aux politiques publiques. Il appelle également à un choc de simplification des procédures d’urbanisme, avec l’ambition de ramener le délai global de réalisation des projets immobiliers à trois ans, contre environ sept ans aujourd’hui selon ses estimations.

La relance de la construction constitue l’autre priorité du réseau, qui fixe un objectif de 450 000 logements produits chaque année. Orpi souhaite également faciliter la transformation des bureaux vacants en logements, avec un potentiel estimé à 150 000 unités sur cinq ans, et remettre sur le marché une partie des logements concernés par les interdictions de location liées au DPE.

Un amortissement de 4 % pour relancer l’investissement locatif

Sur le marché locatif, Orpi défend la création d’un véritable statut du bailleur privé, permettant un amortissement fiscal de 4 % par an. Le dispositif serait applicable dans le neuf comme dans l’ancien, à la location nue comme meublée, sans zonage géographique ni condition administrative particulière. Une bonification serait également prévue pour les propriétaires pratiquant des loyers modérés. Selon le réseau, cette mesure pourrait favoriser la mise à disposition de 350 000 logements supplémentaires sur la durée du quinquennat.

Au-delà de cette incitation fiscale, Orpi plaide pour une meilleure sécurisation des relations locatives, notamment en accélérant le traitement des loyers impayés et en adaptant la régulation des locations touristiques aux réalités locales. Des propositions que le réseau souhaite porter auprès des candidats à la présidentielle de 2027, avec une ambition affichée : faire du logement une grande cause du prochain quinquennat.

TOP NEWS

Carré rent 0610 0411

Restez informé !

Les dernières actualités du marché dans votre boite email

Articles similaires

Abonnez-vous à Immobil-IA

Rejoignez les professionnels de l’immobilier qui reçoivent chaque semaine une veille claire et opérationnelle sur l’IA, le digital, les marchés et la réglementation.

Restez informé de l'actualité des pros de l'immo

Immobil-IA est un média B2B pour professionnels de l’immobilier, pour comprendre et anticiper les mutations du secteur via IA, digital/réglementation.