Maison avec jardin, calme, nature, protection face au changement climatique… La première édition de l’étude HABITER, réalisée par Ipsos BVA pour leboncoin auprès de 6 000 Français, dessine un idéal résidentiel finalement assez éloigné de la « maison du futur ». Sans contrainte, 65 % des Français choisiraient une zone rurale, un village ou une petite ville, contre seulement 9 % une grande métropole. Mais derrière ce désir de respiration apparaît aussi une fracture entre ceux qui peuvent choisir leur cadre de vie et ceux qui doivent composer avec leurs moyens.
La maison du futur ne sera peut-être pas celle que l’on imaginait. Moins spectaculaire, moins technologique, mais plus calme, plus verte et surtout plus protectrice.
C’est l’un des principaux enseignements de la première édition de l’étude HABITER, menée par Ipsos BVA pour leboncoin. Lorsqu’ils décrivent leur cadre de vie idéal, les Français ne parlent plus seulement du logement. L’environnement autour de la commune est jugé important par 94 % d’entre eux et le quartier par 92 %, presque autant que le logement lui-même, cité par 97 %.
Derrière ces chiffres se dessine une aspiration à retrouver davantage d’espace et de tranquillité.
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La grande métropole ne fait plus rêver
S’ils pouvaient déménager sans aucune contrainte, 65 % des Français choisiraient de vivre dans une zone rurale isolée, un village ou une petite ville. 23 % opteraient pour une ville moyenne. La grande métropole ne recueille que 9 % des suffrages.
L’arbitrage entre espace et centralité est tout aussi révélateur. 73 % préféreraient un logement spacieux et lumineux en banlieue, avec un jardin et dans un environnement calme. Seulement 19 % choisiraient un logement plus petit en centre-ville, même avec la proximité des commerces, des transports et de la vie culturelle.
Faut-il pour autant y voir la confirmation d’un exode urbain ? L’étude invite à davantage de prudence. Lorsqu’ils imaginent les territoires qui seront les plus attractifs dans dix ans, les Français placent les villes moyennes et les campagnes en tête, à 30 % chacune, devant les petites villes à 29 %.
Les grandes métropoles ne recueillent que 11 %. Mais cette recherche de respiration ne signifie pas un rejet des services, des commerces ou des mobilités. Elle semble plutôt déplacer les attentes vers des territoires moins denses capables de conserver ces aménités.
Un idéal résidentiel qui reste inégalement accessible
Le désir de calme, de nature et d’espace est largement partagé. La possibilité de le concrétiser l’est beaucoup moins. Si 61 % des Français estiment vivre dans un cadre correspondant à leur idéal, cette proportion tombe à 45 % chez les locataires.
Les priorités évoluent aussi avec les étapes de la vie. Les plus jeunes sont davantage préoccupés par l’accessibilité financière, les familles recherchent plus d’espace, tandis que les seniors accordent une importance croissante à l’ancrage et à l’autonomie. Derrière un idéal largement commun se dessine ainsi une fracture résidentielle entre ceux qui peuvent choisir leur cadre de vie et ceux qui doivent composer avec leurs contraintes.
Les Français veulent préserver leur intimité sans s’isoler
Les Français veulent préserver leur intimité sans pour autant s’isoler. Le logement « intimiste, sécurisant » arrive ainsi en tête des modèles qui les séduisent, tandis que le logement partagé ou collaboratif reste très minoritaire.
Cette recherche de tranquillité n’exclut pas l’entraide. 42 % souhaitent pouvoir se rendre service entre voisins et deux tiers des Français préféreraient vivre près de leur famille pour favoriser les liens sociaux. Un besoin de proximité d’autant plus significatif que 66 % anticipent davantage d’isolement et de solitude dans les dix prochaines années.
Face au climat, les Français veulent d’abord être protégés
L’adaptation au changement climatique s’impose comme le premier enjeu de l’habitat de demain, devant la réduction des dépenses d’énergie, le bien-vieillir chez soi et l’accessibilité financière.
Près de neuf Français sur dix jugent utiles des logements capables de résister aux inondations ou aux incendies, de rester confortables lors des fortes chaleurs ou encore de produire une partie de leur énergie. Le climat entre ainsi directement dans la définition du logement désirable, à travers le confort, la sécurité et la maîtrise des dépenses.
L’innovation attendue sur son utilité
Le rapport à la technologie confirme ce pragmatisme. Si 70 % des Français pensent que les cadres de vie seront plus connectés dans dix ans, seuls 15 % considèrent que cela devrait être une priorité. À l’inverse, la transformation de l’existant séduit davantage, puisque 69 % seraient prêts à vivre dans un logement aménagé dans un ancien bâtiment.
L’innovation immobilière semble donc moins attendue pour sa dimension technologique que pour les réponses concrètes qu’elle peut apporter.
« Pendant des années, on a promis aux Français la maison du futur. Ils nous répondent qu’ils veulent d’abord un logement où l’on respire, qui protège du changement climatique et allège leur pouvoir d’achat. Seuls 15 % attendent en priorité un habitat plus connecté, alors que 66 % veulent qu’il s’adapte au climat. Le message est limpide pour toute la filière, l’innovation ne sera plus jugée à son ambition mais à son utilité et ses bienfaits pour l’environnement », commente Sophie Bourg, directrice Marketing & Opérations immobilières de leboncoin immo.
La commune, premier échelon de confiance
Cette recherche de solutions concrètes profite aux acteurs de proximité. 60 % des Français font confiance aux communes pour adapter l’habitat aux défis de demain, loin devant l’État et les promoteurs.
Plus largement, l’étude dessine moins une révolution des manières d’habiter qu’un changement de priorités. Davantage de calme et de nature, un logement qui protège mieux et une innovation jugée d’abord sur son utilité. Les Français ne demandent pas tant à l’immobilier de réinventer leur manière d’habiter que de leur permettre de mieux habiter.
Méthodologie : enquête Ipsos BVA pour leboncoin réalisée en ligne du 27 juillet au 7 août 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 6 000 Français âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.





