Face à l’augmentation du volume de candidatures locatives et à la multiplication des outils numériques utilisés par les professionnels, les solutions de centralisation et d’automatisation des process de location poursuivent leur développement. Positionnée sur ce segment depuis 2021, la société française Qeeps entend simplifier le traitement des dossiers candidats et fluidifier les échanges entre les différents acteurs de la chaîne locative.
Le marché locatif résidentiel connaît depuis plusieurs années une forte tension dans les principales métropoles françaises. Dans certaines zones, les agences immobilières doivent traiter plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de candidatures pour un seul logement. Une situation qui alourdit considérablement les tâches administratives des équipes de location.
« Plus de 80 % des dossiers reçus sont incomplets », observe Simon Vidal, fondateur de Qeeps, lors d’un récent webinaire de présentation de la solution. « Les agents doivent effectuer plusieurs relances et passent beaucoup de temps sur des tâches répétitives à faible valeur ajoutée. »
Créée fin 2021 et basée à Paris, la société développe une plateforme destinée à centraliser l’ensemble du parcours locatif, depuis la réception des candidatures jusqu’à la signature du bail. Qeeps revendique aujourd’hui plus de 300 agences clientes et plusieurs partenariats avec des réseaux nationaux et éditeurs de solutions immobilières.
Automatiser les tâches administratives
Le fonctionnement de la plateforme repose sur une logique de centralisation des flux entrants. Lorsqu’un candidat répond à une annonce immobilière, il reçoit automatiquement un lien lui permettant de constituer son dossier via Qeeps. Les pièces sont ensuite regroupées dans une interface unique utilisée par les équipes de location.
La solution propose notamment des fonctionnalités de préqualification des candidats selon des critères définis par l’agence, d’organisation des visites ou encore de gestion des échanges avec les locataires potentiels via un système de messagerie intégré.
L’objectif affiché est de réduire le temps consacré aux tâches administratives et d’éviter les multiples ressaisies entre logiciels. « Le principal enjeu aujourd’hui est celui de l’interconnexion des outils », estime Simon Vidal. « Les professionnels utilisent plusieurs logiciels différents et cherchent avant tout à fluidifier les échanges entre ces solutions. »
Qeeps a ainsi développé plusieurs intégrations avec des logiciels métiers, des solutions de gestion locative, des outils de signature électronique ou encore des acteurs spécialisés dans les garanties loyers impayés (GLI).
Une activité de gestion locative redevenue stratégique
L’intérêt croissant pour ce type de solutions s’inscrit également dans une évolution plus large du marché immobilier. Après plusieurs années marquées par le ralentissement de la transaction, de nombreuses agences cherchent à renforcer leurs revenus récurrents via la gestion locative.
Longtemps considérée comme une activité moins attractive que la transaction, la location apparaît désormais comme un levier de stabilisation économique pour de nombreux réseaux et administrateurs de biens.
« Beaucoup d’agences souhaitent aujourd’hui structurer davantage leur activité locative », souligne le dirigeant. « Certaines se lancent même dans cette activité avec l’idée de s’équiper dès le départ d’outils capables d’industrialiser les process. »
Selon plusieurs retours clients évoqués durant la présentation, les gains de temps liés à l’automatisation des tâches pourraient atteindre plusieurs heures par dossier traité, même si ces estimations varient selon les marchés et l’organisation interne des agences.
Une approche pragmatique de l’intelligence artificielle
Comme de nombreuses jeunes pousses du secteur immobilier, Qeeps s’intéresse également aux usages de l’intelligence artificielle. La société utilise déjà certaines briques d’IA pour automatiser une partie de son support client via une base de connaissances alimentée depuis plusieurs années.
Le fondateur de Qeeps revendique toutefois une approche mesurée sur le sujet. « L’intelligence artificielle ne doit pas être un simple argument marketing », estime-t-il. « Si elle permet demain d’améliorer concrètement la productivité ou l’expérience utilisateur, alors elle aura pleinement sa place dans ce type d’outils. »
Dans un marché immobilier confronté à des contraintes de rentabilité croissantes, les plateformes capables de rationaliser les opérations administratives pourraient continuer à gagner du terrain auprès des professionnels de la gestion locative.
Pour en savoir plus sur Qeeps : ICI
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