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Pourquoi certains biens deviennent invisibles sur le marché immobilier ?

Etude Jinka

Par Hadrien Le Roux

ven 22 mai 2026

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Les acheteurs immobiliers français changent de logique. Dans un marché encore contraint par le pouvoir d’achat, les taux et les exigences énergétiques, le budget devient désormais le premier critère de recherche, devant même le type de bien. Une étude menée par Jinka sur plus de 711 000 alertes acquéreurs révèle également l’impact grandissant des seuils psychologiques de prix et du DPE sur la visibilité des annonces. Au point de rendre certains biens presque invisibles aux yeux des acheteurs.

Le marché immobilier français change progressivement de mécanique. Après plusieurs années dominées par la hausse des taux, le recul du pouvoir d’achat immobilier et le durcissement des contraintes énergétiques, les acquéreurs apparaissent désormais beaucoup plus rationnels dans leurs recherches.

C’est ce que révèle une étude publiée par Jinka, plateforme spécialisée dans la recherche immobilière, qui a analysé 711 359 alertes acquéreurs actives en France sur le premier quadrimestre 2026.

L’étude met en évidence une transformation profonde des comportements de recherche. Budget psychologique, visibilité des annonces, poids du DPE ou importance des extérieurs, plusieurs critères deviennent désormais déterminants dans la capacité d’un bien à émerger sur le marché.

Le budget prend le dessus sur le type de bien

Premier enseignement majeur, les acheteurs raisonnent désormais d’abord en capacité financière.

Selon l’étude, 46 % des alertes créées ne précisent aucune typologie de bien.

Appartement ou maison devient donc un arbitrage secondaire pour une partie importante des acquéreurs, qui cherchent avant tout à rester compatibles avec leur enveloppe budgétaire.

La maison conserve néanmoins une forte attractivité puisqu’elle apparaît dans 37 % des alertes, contre 16 % pour les appartements.

Croire que la maison ne fait plus rêver serait une erreur. Seulement, l’acquéreur de 2026 se doit de rationaliser au maximum ses critères afin de coller à son impératif budgétaire. Le type de bien n’apparaît donc plus comme essentiel mais intervient davantage comme une variable d’ajustement.” décrypte Marc Lebel, CEO de Jinka.

Les seuils psychologiques redessinent la visibilité des annonces

L’étude souligne également l’importance croissante des seuils psychologiques dans les recherches immobilières.

Les budgets ronds de 150 000 €, 200 000 €, 250 000 €, 300 000 €, 350 000 € et 400 000 € concentrent à eux seuls 43 % de la demande exprimée sur Jinka.

Dans ce contexte, quelques milliers d’euros peuvent suffire à faire perdre une partie importante de visibilité à un bien.

Selon Jinka, un logement affiché à 512 000 € perd environ 30 % de visibilité face à un autre affiché à 500 000 €.

Pour quelques milliers d’euros, que le vendeur pourrait être en mesure de concéder à la négociation, ce dernier prend le risque d’invisibiliser très fortement son bien, et ce, sans même le savoir.” souligne le fondateur de Jinka.

Autre enseignement, 300 000 € s’impose comme le budget maximum médian des acquéreurs et concentre à lui seul 12 % des intentions d’achat.

Pour les professionnels de la transaction, ces données rappellent que le sujet du prix ne relève plus uniquement de l’estimation immobilière. Il devient également un enjeu de référencement et de visibilité dans les moteurs de recherche et les alertes acquéreurs.

Le DPE devient un critère commercial à part entière

Autre mutation forte du marché, le DPE s’impose désormais comme un véritable critère de sélection.

Près de 30 % des alertes étudiées utilisent un filtre énergétique explicite.

L’étude montre également une rupture nette entre les biens classés D et ceux classés E. Un logement classé E perdrait en moyenne 15 % de visibilité par rapport à un bien classé D.

“Le DPE n’est plus une donnée technique, c’est devenu un vrai indicateur de qualité pour l’acheteur. Une mauvaise lettre et le bien sort littéralement du champ de vision de la majorité des acquéreurs. Ne pas afficher de DPE revient quasiment à ne pas exister sur le marché de la recherche.” commente Marc Lebel.

À l’inverse, les logements classés G restent marginaux dans les recherches traditionnelles et attirent principalement des investisseurs ou des profils à la recherche de biens fortement décotés.

Le besoin d’extérieur reste durablement ancré

L’étude confirme également que les attentes nées après la crise sanitaire continuent d’influencer fortement les recherches immobilières.

Le balcon ou la terrasse apparaissent désormais dans 24 % des alertes en province et 22 % en Île-de-France.

Le jardin reste davantage recherché en province tandis que les critères comme l’ascenseur ou la cave demeurent plus présents dans les recherches franciliennes.

Le parking fait quant à lui quasiment consensus avec une présence dans 10 % des alertes provinciales et 9 % des alertes franciliennes.

Des acquéreurs plus exigeants et des biens plus exposés

À travers cette étude, une tendance de fond se dessine clairement.
Les acquéreurs de 2026 apparaissent plus sélectifs, plus rationnels et davantage attentifs à l’équilibre global entre prix, qualité énergétique et confort de vie.

Conséquence directe, certains biens correctement positionnés deviennent beaucoup plus visibles et se vendent rapidement, tandis que d’autres s’enlisent progressivement sur le marché.

Pour les professionnels de l’immobilier, l’enjeu dépasse désormais la simple diffusion d’une annonce. Il s’agit de comprendre les nouveaux mécanismes de recherche des acquéreurs afin d’optimiser le positionnement du bien dès sa mise en commercialisation.


A lire dans Immobilia

« La sous-location a une mauvaise image alors qu’elle est légale et encadrée » (Apolline Despins, joyloc)


 

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