Climatisation, volets, piscine, orientation… Face à la multiplication des épisodes de fortes chaleurs, les professionnels de l’immobilier adaptent progressivement leur discours commercial. Une étude de PriceHubble montre que le confort d’été occupe une place croissante dans les annonces immobilières, bien avant d’être pleinement intégré aux critères réglementaires du DPE.
Le marché évolue plus vite que la réglementation
La canicule n’est plus un phénomène exceptionnel. Les épisodes de chaleur extrême se multiplient, s’intensifient et concernent désormais une grande partie du territoire. Dans ce contexte, la capacité d’un logement à rester agréable en été prend une importance croissante.
Pourtant, le principal outil d’évaluation des logements, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), demeure essentiellement construit autour des performances hivernales. Le confort d’été n’y apparaît aujourd’hui qu’au travers d’un indicateur qualitatif, sans incidence sur la note énergétique finale.
Le marché, lui, semble évoluer plus rapidement. C’est le principal enseignement de la dernière étude publiée par PriceHubble, qui a analysé l’évolution des descriptions de plusieurs millions d’annonces immobilières entre janvier 2020 et juin 2026 afin d’observer la place prise par les équipements et caractéristiques liés au confort estival.
La climatisation s’impose comme un véritable argument commercial
Parmi les différents équipements étudiés, la climatisation affiche de loin la progression la plus spectaculaire.
Entre 2020 et 2025, les annonces mentionnant une climatisation ont augmenté de 90,7 %, passant de 71 671 à 136 708 annonces par an. Sur le seul premier semestre, ces mentions ont même été multipliées par 3,3 depuis 2020, tandis que juin 2026 établit un record avec 24 578 annonces faisant explicitement référence à cet équipement.
Longtemps considérée comme un simple élément de confort, voire parfois comme le signe d’une mauvaise conception thermique du bâtiment, la climatisation est désormais largement mise en avant pour rassurer les acquéreurs.
Pour PriceHubble, cette progression ne relève pas uniquement des pics de chaleur estivaux : c’est le niveau de fond des mentions qui augmente régulièrement d’année en année.
Volets et piscine gagnent eux aussi en visibilité
Cette évolution concerne également d’autres équipements.
Les volets, première protection contre la surchauffe estivale, voient leurs mentions progresser de 42,1 % entre 2020 et 2025, avec un record de 34 105 annonces en juin 2026.
La piscine suit la même tendance. Les annonces qui la mettent en avant augmentent de 32 % sur la période étudiée. Si cet équipement reste fortement associé au segment haut de gamme, il apparaît désormais aussi comme une réponse au confort recherché pendant les épisodes de fortes chaleurs.
Pour les auteurs de l’étude, ces évolutions témoignent avant tout d’une adaptation progressive des stratégies de commercialisation aux préoccupations des acheteurs.
La canicule devient elle-même un argument de vente
L’un des enseignements les plus surprenants concerne l’utilisation du mot « canicule » dans les annonces.
Loin d’être évité, il est de plus en plus employé pour valoriser les qualités du logement. Les vendeurs mettent en avant la fraîcheur naturelle d’une maison en pierre, l’ombre apportée par la végétation, une bonne orientation, des murs épais ou encore la présence d’une climatisation réversible.
Autrement dit, la chaleur n’est plus seulement perçue comme une contrainte : elle devient un contexte permettant de démontrer la capacité d’un logement à offrir un meilleur confort estival.
Un décalage croissant avec le DPE
Cette étude met également en lumière un écart entre les critères mis en avant par le marché et ceux retenus par la réglementation.
Aujourd’hui, un logement peut obtenir une excellente note au DPE tout en offrant un confort limité lors des fortes chaleurs, tandis que certaines caractéristiques favorisant naturellement la fraîcheur estivale n’ont qu’un impact marginal dans le diagnostic.
Pour autant, PriceHubble prend soin de préciser que ses travaux ne démontrent pas l’existence d’une prime de prix liée au confort d’été. L’étude mesure l’évolution du discours commercial et des arguments utilisés dans les annonces, sans établir de lien direct entre ces éléments et la valeur des biens.
Vers un nouveau critère de différenciation ?
Si le confort d’été n’est pas encore pleinement intégré dans les outils réglementaires, il semble désormais occuper une place croissante dans la manière dont les logements sont présentés aux acquéreurs.
À mesure que les épisodes de canicule deviennent plus fréquents, les professionnels de l’immobilier adaptent leur communication en mettant davantage en avant les qualités thermiques estivales des biens. Reste désormais à savoir si cette évolution du discours commercial se traduira, à terme, par une véritable valorisation économique sur le marché immobilier.




