Faux dossiers, hausse des impayés, offre en recul, l’étude d’Imodirect alerte sur les déséquilibres croissants du marché locatif francilien
Le marché locatif en Île-de-France traverse une phase de tension particulièrement forte. Dans une étude publiée ce lundi, Imodirect met en lumière plusieurs signaux préoccupants de dégradation du marché. L’augmentation des impayés, la progression des faux dossiers locatifs et le durcissement des critères de sélection des candidats illustrent les difficultés croissantes rencontrées par les professionnels du secteur.
Selon l’agence spécialisée dans la location et la gestion locative en ligne, ces phénomènes contribuent à alimenter une défiance croissante entre propriétaires et locataires, dans un contexte où l’offre continue de se contracter. L’étude appelle également à plusieurs évolutions réglementaires et fiscales pour tenter de fluidifier le marché.
Une tension locative qui continue de s’aggraver
Selon Imodirect, le marché locatif francilien reste marqué par un déséquilibre profond entre une demande toujours élevée et une offre qui se réduit progressivement.
L’agence observe une hausse de 7 % des impayés en Île-de-France sur un an. Dans le même temps, certains propriétaires choisissent de vendre leurs biens ou de se détourner de la location longue durée, dans un environnement jugé de plus en plus contraignant.
« La tension locative en Île-de-France n’est plus un phénomène conjoncturel », estime Arnaud Hacquart, président d’Imodirect, qui évoque une accumulation de facteurs réglementaires, fiscaux et économiques pesant sur le marché.
La progression des faux dossiers inquiète les professionnels
L’étude souligne également une forte augmentation des fraudes documentaires dans les dossiers de location. À Paris et en petite couronne, 24 % des dossiers présenteraient désormais au moins un élément frauduleux, contre 20 % en 2024. En province, ce taux atteint 16 %.
Imodirect constate notamment une multiplication des documents falsifiés à l’aide d’outils d’intelligence artificielle générative comme les fiches de paie, avis d’imposition ou contrats de travail.
Face à cette évolution, de nombreux bailleurs et agences renforcent leurs critères de sélection des candidats. Revenus plus élevés, garanties supplémentaires ou exigence systématique d’un CDI deviennent désormais des pratiques de plus en plus fréquentes.
Selon l’agence, cette situation pénalise également des profils solvables mais atypiques, comme les indépendants ou les jeunes actifs.
Trois pistes avancées pour fluidifier le marché
Face à ce constat, Imodirect formule plusieurs propositions.
L’agence préconise notamment la création d’un fichier des incidents de paiement locatif réservé aux professionnels, sur le modèle du FICP bancaire, afin de mieux cibler les situations réellement à risque.
Elle appelle également à une harmonisation de la fiscalité entre location vide et location meublée, estimant que le régime LMNP continue d’orienter une partie des investisseurs pour des raisons essentiellement fiscales.
Enfin, Imodirect juge que la future loi Jeanbrun sur le statut du bailleur privé reste insuffisamment attractive pour relancer durablement l’investissement locatif classique.
Une professionnalisation accrue du secteur souhaitée
Au-delà des aspects fiscaux et réglementaires, l’étude plaide pour une professionnalisation plus importante du marché locatif.
Selon Imodirect, le recours à des professionnels de la gestion locative permettrait de mieux sécuriser les transactions, de limiter les fraudes documentaires et de restaurer davantage de confiance entre bailleurs et locataires.
« Sans offre locative sécurisée et rentable, les tensions risquent de continuer à s’aggraver dans les prochaines années », conclut Arnaud Hacquart.
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