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Financement immobilier : pourquoi les professionnels restent optimistes malgré les incertitudes ?

Financement Immobilier : optimiste et incertitude

Par Hadrien Le Roux

jeu 2 juillet 2026

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Replay de l’iad Talk par Immobil-ia

Malgré la remontée des taux annoncée par la BCE et un environnement économique toujours fragile, les acteurs immobiliers refusent de céder au pessimisme. Réunis à l’occasion d’un iad Talk organisé par iad France et Immobil-IA, élus, économistes et professionnels du secteur ont dressé un constat partagé : le crédit n’est plus aujourd’hui le principal obstacle à la reprise du marché. Le véritable défi reste la relance du logement et le retour de la confiance.

Le retour des banques change la donne

Il y a encore deux ans, le crédit immobilier était devenu le symbole de la crise du logement. Hausse brutale des taux, durcissement des conditions d’octroi et recul des transactions avaient profondément désorganisé le marché.Le contexte a changé.

Réunis lors d’un iad Talk consacré au financement immobilier, Dominique Estrosi-
Sassone, présidente de la Commission des affaires économiques du Sénat, Fabien Neufinck, directeur général délégué de Crédit Logement, Matthias Baccino, spécialiste de l’éducation financière, et Olivier Descamps, directeur général d’iad France, ont livré un diagnostic relativement convergent : le financement ne constitue plus aujourd’hui le principal frein à l’achat immobilier.

Pour Fabien Neufinck, la récente hausse de 0,25 point décidée par la Banque centrale européenne ne remet pas en cause cette dynamique. « Est-ce que l’on renonce à un projet de vie pour dix euros par mois ? », interroge-t-il. Selon Crédit Logement, les taux devraient continuer à progresser légèrement d’ici à la fin de l’année, mais sans provoquer de rupture majeure sur le marché.

Une analyse largement partagée par Olivier Descamps. « Les banques sont revenues dans le match du crédit immobilier », affirme le directeur général d’iad France.
Selon lui, la concurrence entre établissements reste particulièrement forte et continue de soutenir l’accès au financement pour les ménages disposant d’un projet solide.

« Il n’y a pas de crise du financement »

Le constat est presque paradoxal. Alors que le marché immobilier traverse l’une des périodes les plus complexes de son histoire récente, les intervenants considèrent que le système de financement français demeure particulièrement robuste. « Il y a peut-être une crise du logement, mais il n’y a pas de crise du financement », résume Fabien Neufinck.

Le modèle français conserve plusieurs atouts souvent méconnus. Il repose sur la prédominance du taux fixe, une analyse rigoureuse de la solvabilité des emprunteurs et un système de cautionnement qui limite fortement les défauts de paiement.

Pour Matthias Baccino, les banques françaises disposent aujourd’hui des ressources nécessaires pour accompagner durablement la reprise. « Les banques françaises vont bien. Elles sont solides et disposent des moyens de leurs ambitions », souligne-t-il.

L’ancien dirigeant de Trade Republic estime néanmoins que certaines contraintes réglementaires continuent de freiner inutilement la distribution du crédit, notamment celles imposées par le Haut Conseil de stabilité financière.

iad mise sur l’intégration du financement

Dans ce contexte, les réseaux immobiliers cherchent à renforcer leur accompagnement des acquéreurs. C’est notamment le choix opéré par iad France. Face à des acheteurs devenus plus exigeants et à des parcours de financement plus complexes, le réseau a lancé ces derniers mois iad Financement, sa propre structure de courtage intégrée.

L’objectif consiste à rapprocher le conseil immobilier et le conseil financier afin de sécuriser davantage les projets. « Nous avons créé notre propre cabinet de courtage avec des courtiers salariés », explique Olivier Descamps.

Pour le dirigeant, le financement est désormais un élément central de la relation client. L’enjeu n’est plus seulement de trouver un bien, mais de permettre aux acquéreurs de se projeter rapidement dans un projet réaliste et finançable.

Cette stratégie s’inscrit dans une ambition plus large portée par iad. L’objectif est d’accompagner ses plus de 16 000 conseillers avec des services capables de fluidifier l’ensemble du parcours immobilier.

La véritable urgence reste le logement

Si le crédit semble aujourd’hui moins problématique, la crise du logement continue de préoccuper l’ensemble des intervenants. Pour Dominique Estrosi-Sassone, la France souffre avant tout d’un manque de vision stratégique. « Il faut changer de logiciel », plaide la sénatrice.

Selon la Présidente des affaires économiques du Sénat, la succession de mesures ponctuelles ne permet plus de répondre à une crise devenue structurelle.

Production de logements neufs au plus bas, accès au logement toujours plus difficile dans les zones tendues, recul de l’investissement locatif, les déséquilibres se multiplient alors même que les besoins continuent de progresser.

La sénatrice appelle à une politique du logement plus lisible, plus stable et davantage inscrite dans le temps long. « Le logement participe à la croissance, à l’emploi et à l’activité économique. Pourtant, il reste trop souvent considéré uniquement sous l’angle de la dépense publique », regrette-t-elle.

Réhabiliter l’investisseur privé

L’un des sujets ayant suscité le plus large consensus concerne l’investissement locatif.
Tous les intervenants estiment que la France peine aujourd’hui à reconnaître le rôle joué par les propriétaires bailleurs dans l’équilibre du marché résidentiel. « Les investisseurs privés logent davantage de Français que l’État », rappelle Olivier Descamps.

Pour Dominique Estrosi-Sassone comme pour Matthias Baccino, la relance de l’investissement locatif passera nécessairement par davantage de stabilité fiscale et réglementaire.

Le débat autour du statut du bailleur privé, régulièrement porté par le Sénat, apparaît désormais comme l’un des chantiers structurants des prochaines années.

Vers un nouveau cycle immobilier ?

La conférence n’a pas fait disparaître les incertitudes économiques ni les interrogations sur la trajectoire des taux.

Elle a néanmoins fait émerger un constat partagé. Le marché immobilier français semble progressivement sortir de la logique de blocage qui l’avait paralysé ces dernières années.

Le financement redevient accessible. Les banques sont présentes. Les prix se stabilisent dans de nombreux territoires.

Le véritable défi des prochaines années sera désormais d’augmenter l’offre de logements, de redonner confiance aux investisseurs et de recréer un parcours résidentiel plus fluide pour les ménages français.

Un chantier dont dépend largement l’avenir du marché immobilier français.

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