Après plusieurs mois de stabilité, les taux des crédits immobiliers repartent progressivement à la hausse selon les dernières données de l’Observatoire Crédit Logement / CSA. Si cette remontée reste limitée, elle intervient dans un contexte où la solvabilité des ménages continue de se dégrader. Entre allongement des durées d’emprunt, apport personnel sous pression et ralentissement de la demande, le marché du financement immobilier montre désormais des signes de récession.
Les taux poursuivent leur remontée
En juillet 2026, le taux moyen des crédits immobiliers atteint 3,30 %, contre 3,26 % en juin. Pour les opérations d’accession, il s’établit à 3,24 % dans le neuf et 3,28 % dans l’ancien.
Après une phase de stabilisation entre février et avril autour de 3,23 %, les établissements bancaires ont progressivement relevé leurs barèmes. La hausse reste toutefois mesurée avec 3 points de base en mai, 1 point en juin et 4 points en juillet.
Cette évolution reflète les arbitrages auxquels sont confrontées les banques. D’un côté, elles doivent préserver leurs marges dans un environnement marqué par la remontée des rendements obligataires et le durcissement des conditions de financement. De l’autre, elles cherchent à maintenir une activité de crédit suffisante pour accompagner un marché immobilier déjà fragilisé.
Le relèvement des taux directeurs de la Banque centrale européenne en juin ainsi que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont renforcé cette prudence, sans provoquer pour autant de relèvement brutal des conditions de crédit.
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Des prêts plus longs pour maintenir la capacité d’emprunt
Si le taux moyen progresse, ce n’est pas uniquement en raison des barèmes bancaires. La structure même des financements évolue.
En juillet, la durée moyenne des crédits atteint 253 mois, tandis que les prêts destinés à l’accession dans le neuf comme dans l’ancien culminent à 265 mois, un niveau historiquement élevé.
Les banques privilégient de plus en plus les durées longues afin de contenir les mensualités et préserver la capacité d’emprunt des ménages. Cette stratégie devient désormais la principale variable d’ajustement.
Plus d’un prêt sur deux (51 %) est désormais accordé sur 25 ans ou davantage, contre 46,8 % en moyenne en 2025.
Cette évolution n’est pas sans conséquence. Les prêts les plus longs étant également les plus coûteux, leur poids croissant dans la production contribue mécaniquement à la hausse du taux moyen observée depuis le printemps, indépendamment des seuls ajustements tarifaires des banques.
Une solvabilité qui continue de s’éroder
Le pouvoir d’achat immobilier reste sous pression.
Sur les sept premiers mois de l’année, les revenus des emprunteurs progressent de 1,1 %, alors que le coût des opérations augmente de 2,5 %. Le coût relatif d’un projet immobilier atteint désormais 4,1 années de revenus, signe d’une dégradation progressive de la solvabilité.
L’apport personnel recule également de 0,3 % après une baisse de 3,4 % en 2025. Pour de nombreux ménages, les capacités d’épargne mobilisables semblent désormais avoir atteint un plafond.
Le maintien d’un niveau moyen d’apport élevé s’explique principalement par une présence plus importante de secundo-accédants ayant déjà constitué un patrimoine immobilier, ainsi que par une part croissante d’emprunteurs aux revenus les plus élevés.
Mais ces profils ne suffisent plus à compenser l’augmentation du coût des acquisitions, qui pèse de nouveau sur la solvabilité globale de la demande.
Le marché entre dans une phase de récession
Après le rebond observé au début de l’année, le marché du crédit immobilier marque un net ralentissement.
Les nombreux jours fériés du mois de mai, combinés aux incertitudes économiques liées au contexte international, ont freiné la demande. Malgré un léger redressement en juin, la tendance reste orientée à la baisse.
Les chiffres de juillet confirment ce changement de cycle. En rythme trimestriel, la production de crédits recule de 21,5 % par rapport à l’an dernier, tandis que le nombre de prêts accordés baisse de 19,7 %.
La dynamique annuelle s’essouffle également. À fin juillet, la production de crédits ne progresse plus que de 0,5 %, contre 31,1 % à la fin de l’année 2025. Dans le même temps, la hausse du nombre de prêts ralentit à 3,8 %, très loin des 38 % enregistrés l’an passé.
Si la hausse des taux reste limitée, elle s’ajoute à une combinaison de facteurs défavorables : coût des opérations toujours élevé, exigences d’apport importantes et climat économique incertain. Autant d’éléments qui conduisent de nombreux ménages à reporter leur projet immobilier et confirment l’entrée du marché du crédit dans une nouvelle phase de ralentissement.





