Une vaste analyse de plus de 15 millions de diagnostics de performance énergétique révèle que la qualité thermique d’un logement en hiver ne garantit pas son confort lors des fortes chaleurs. Pour les professionnels de l’immobilier, les collectivités et les bailleurs, le confort d’été s’impose désormais comme un nouveau critère de valorisation du patrimoine.
Longtemps, le diagnostic de performance énergétique (DPE) a été considéré comme l’indicateur de référence pour apprécier la qualité d’un logement. Mais face à la multiplication des épisodes caniculaires, la capacité des bâtiments à rester supportables en été demeure un enjeu important.
C’est ce que met en évidence une étude publiée par Terre de Données. En analysant 15,2 millions de DPE réalisés entre juillet 2021 et juin 2026, l’entreprise montre que la performance énergétique hivernale et le confort d’été répondent à des logiques différentes.
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Près de 40 % des DPE révèlent un confort d’été insuffisant
Parmi les 10,3 millions de diagnostics comportant un indicateur exploitable de confort d’été, 39,9 % sont classés « insuffisants », soit plus de 4,1 millions de diagnostics. Une proportion qui illustre l’ampleur du phénomène alors que les épisodes caniculaires deviennent plus fréquents et plus intenses.
L’étude met surtout à mal une idée largement répandue : un logement bien classé au DPE n’est pas forcément confortable en été. Près de 1,187 million de DPE classés A, B ou C présentent malgré tout un confort d’été insuffisant, soit 30,1 % des diagnostics de ces catégories pour lesquels le critère est renseigné.
Selon Terre de Données, la performance énergétique hivernale et la capacité d’un bâtiment à limiter les surchauffes estivales reposent sur des mécanismes différents.
Des écarts territoriaux parfois surprenants
L’analyse révèle également des différences marquées selon les territoires étudiés. Bordeaux affiche la plus forte proportion de DPE présentant un confort d’été insuffisant (42,1 %), devant Aix-en-Provence (33,5 %) et Toulouse (24,4 %).
Un résultat qui peut sembler contre-intuitif. Terre de Données précise toutefois que ces chiffres ne constituent pas un classement climatique, mais reflètent avant tout les caractéristiques du parc immobilier diagnostiqué dans chaque ville.
À l’inverse, Toulouse concentre les situations les plus problématiques sur certains segments du parc. 58,3 % des logements climatisés y présentent malgré tout un confort d’été insuffisant, contre 38,9 % à Aix-en-Provence et 35,6 % à Bordeaux. De même, 32,7 % des DPE classés A, B ou C restent insuffisants à Toulouse, contre 25,7 % à Aix-en-Provence et 15,3 % à Bordeaux.
La climatisation ne suffit pas
Au niveau national, 42,2 % des logements équipés d’un système de refroidissement restent classés en confort d’été insuffisant. Pour les auteurs de l’étude, la climatisation ne compense pas les faiblesses structurelles d’un bâtiment.
Le confort d’été dépend avant tout de critères passifs : protections solaires, inertie du bâti, ventilation naturelle, isolation de la toiture ou encore caractère traversant du logement.
Les maisons davantage concernées
Par ailleurs, les maisons individuelles apparaissent plus vulnérables que les appartements. Près d’une maison sur deux (49,8 %) présente un confort d’été insuffisant, contre 33,1 % des appartements.
Les logements les plus anciens sont également les plus exposés. 56,5 % des bâtiments construits avant 1948 présentent un confort d’été insuffisant, contre 18 % pour ceux construits entre 2013 et 2021.
Les protections solaires, premier levier d’amélioration
L’étude identifie enfin un levier particulièrement efficace à savoir les protections solaires extérieures.
Sans volets, stores ou brise-soleil, 77,4 % des DPE présentent un confort d’été insuffisant. Cette proportion tombe à 10,5 % lorsqu’une protection solaire extérieure est présente. Lorsque celle-ci est associée à un logement traversant et à une forte inertie, 74 % des DPE affichent un bon confort d’été.
Un nouvel indicateur pour les professionnels de l’immobilier
Au-delà de cette étude, Terre de Données lance une fonctionnalité permettant de cartographier le confort d’été à l’échelle des communes, des quartiers et des départements. L’objectif est d’aider les collectivités à cibler leurs politiques d’adaptation au changement climatique, mais aussi de permettre aux bailleurs, investisseurs et gestionnaires d’actifs d’identifier les bâtiments les plus vulnérables et de hiérarchiser leurs investissements.
Cette nouvelle approche pourrait progressivement faire du confort d’été un critère aussi stratégique que la performance énergétique, alors que les épisodes de chaleur extrême deviennent un enjeu majeur pour le marché immobilier.





