Interview exclusive Eric Allouche – ERA Immobilier
Dans un marché immobilier en phase de redémarrage, les réseaux multiplient leurs offres de services, entre accompagnement opérationnel, outils technologiques et proximité avec les franchisés. ERA met en avant un dispositif structuré au niveau territorial, reposant notamment sur des équipes locales de consultants dédiés à l’animation et à la formation des collaborateurs. Pour Immobil-IA, Eric Allouche, directeur exécutif d’ERA Immobilier, présente les principales tendances, les développements et les enjeux à venir pour son réseau.
Qu’est-ce qui différencie un réseau comme ERA dans un marché sous tension ?
ERA est un réseau d’origine américaine, présent aujourd’hui dans une quarantaine de pays, dont 18 en Europe. En France, la marque est exploitée avec environ 400 agences. Cela en fait l’un des rares réseaux internationaux de cette taille sur le marché français.
Notre enjeu principal se situe dans l’animation du réseau au niveau local et l’accompagnement des agences dans l’atteinte de leurs objectifs. Notre rôle est d’apporter les moyens pour les atteindre.
Nous avons par ailleurs obtenu une certification Bureau Veritas, un processus indépendant et rigoureux, ainsi que plusieurs distinctions de l’IREF.
Quels types de services proposez-vous ?
Pour nous, l’accompagnement est l’élément central. La proximité et la réactivité sont mises en avant : un franchisé doit pouvoir obtenir des réponses rapidement. Ainsi, une dizaine de consultants spécialisés, salariés du réseau, sont dédiés à l’animation et à la formation des agences. Ils interviennent via des visites en agence, mais aussi à distance. Le territoire est structuré en 22 zones régionales, avec des réunions régulières entre agences pour partager les bonnes pratiques et adapter les méthodes aux spécificités locales. Cette logique se retrouve aussi dans l’organisation d’événements internes, comme les clubs managers ou les clubs négociateurs.
Sur le recrutement, le réseau organise régulièrement des réunions carrières et des présentations du métier. L’objectif est d’attirer de nouveaux profils et de faciliter leur intégration. De nombreux partenariats ont également été mis en place, comme avec des plateformes de recrutement comme Welcome to the Jungle par exemple.
Nous organisons par ailleurs notre convention nationale du 9 au 11 avril 2026, que nous ouvrons à 50 futurs négociateurs.
Le réseau déploie également des actions marketing tout au long de l’année : campagnes nationales, présence média, opérations locales, dotations aux agences. Une campagne récente a notamment été diffusée sur TF1 dans l’émission The Voice. En parallèle, le réseau renforce sa présence sur les réseaux sociaux avec des contenus dédiés.
Et nous avons encore beaucoup de projets dans les cartons. Le réseau travaille notamment au lancement d’une carte avantage, qui sera envoyée à toute personne entrant en contact avec une agence ERA, y compris dans le cadre d’une simple demande d’estimation. Cette carte donne accès à différents avantages en matière de bien-être et de loisirs, à l’approche de la période estivale.
Comment intégrez-vous l’intelligence artificielle dans vos services ?
ERA a récemment lancé l’outil JIM, pour “Joindre l’Intelligence artificielle à la Méthodologie du réseau”. Concrètement, cela permet aux collaborateurs de poser des questions et d’obtenir des réponses immédiates, alignées avec les pratiques ERA. L’objectif est d’améliorer l’efficacité opérationnelle, notamment pour les négociateurs et les managers d’agence.
De manière générale, l’approche est de s’adapter en permanence aux évolutions du marché. Le développement des outils numériques et de l’intelligence artificielle est intégré dans cette logique. Il ne s’agit pas d’une option : ne pas s’adapter, c’est prendre du retard.
Comment les agences ERA ont-elles traversé la crise récente du marché immobilier ?
Nous sortons de cette période compliquée. L’année 2025 s’est terminée autour de 950 000 transactions, avec une progression de l’activité. Au sein du réseau, le chiffre d’affaires par agence a progressé d’environ 15 %, contre environ 11 % pour le marché, donc des résultats supérieurs. Le début de l’année 2026 s’inscrit dans cette continuité. Mais le marché reste dépendant des taux d’intérêt et de l’inflation. Tant que les taux se situent autour de 3 à 4 % et que l’inflation est maîtrisée, la dynamique reste positive.
Toutefois, nous restons tout de même frustrés par le fait que l’immobilier n’ait pas été pris au sérieux par nos gouvernants durant cette période. Nous ressentons une écoute un peu plus active des pouvoirs publics ces derniers temps, avec le rapport Daubresse-Cosson sur l’investissement locatif notamment. Cette prise de conscience de l’importance du secteur immobilier est nécessaire, et ce quelle que soit la couleur politique qui sera celle de la France à l’avenir. Il faut rappeler que c’est un moteur économique majeur du pays, générant des recettes fiscales importantes, supérieures à celles de l’impôt sur le revenu.
A lire aussi dans Immobilia :
Partir des usages plutôt que du code postal dans sa recherche immobilière (Benoît Galy, Green-Acres)




