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Laurent Solly : « l’IA, une révolution qui ne fait que commencer »

Par Hadrien Le Roux

jeu 25 juin 2026

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Noovimo, la technologie avance vite

Lors de Septeo Future Insights PROPTECH, l’ancien PDG de Facebook France et cofondateur d’AMI Labs a livré sa vision d’une révolution technologique dont la vitesse d’adoption n’a aucun précédent dans l’histoire. Entre agents intelligents, nouveaux modèles capables de raisonner, transformation des organisations et souveraineté européenne, il appelle les entreprises à passer rapidement de l’expérimentation à l’action.

À quel moment de son histoire se situe aujourd’hui l’intelligence artificielle ? Sommes-nous encore dans une phase d’émergence ou déjà dans une véritable révolution économique ?

Invité de Septeo Future Insights  PROPTECH, organisé à Paris par Septeo, Laurent Solly, cofondateur et COO d’AMI Labs, a partagé sa lecture des transformations en cours. Une conviction traverse l’ensemble de son intervention. L’IA ne constitue pas simplement une innovation technologique supplémentaire. Elle représente une rupture comparable à l’arrivée de l’électricité ou d’Internet, avec une vitesse de diffusion encore jamais observée.

Une adoption plus rapide que toutes les révolutions technologiques précédentes

Pour Laurent Solly, la principale singularité de l’intelligence artificielle réside dans sa vitesse de propagation.
Là où la télévision, Internet ou les réseaux sociaux ont mis des années, voire des décennies, à atteindre une adoption massive, les outils d’IA générative ont conquis des centaines de millions d’utilisateurs en quelques mois seulement.

Cette accélération change profondément la nature de la transformation en cours. Les entreprises ne disposent plus de plusieurs années pour observer les usages avant d’agir. Les collaborateurs utilisent déjà ces outils dans leur quotidien, parfois avec davantage d’avance que leur propre organisation.

« Nous sommes dans une phase d’accélération », résume-t-il. Une phase où chaque entreprise doit désormais se demander comment l’IA va modifier sa chaîne de valeur, ses modes de production et sa compétitivité.

L’IA ne change pas seulement les outils, elle transforme l’organisation du travail

Selon l’ancien PDG de Facebook France, le véritable défi n’est pas technologique.

Pour Laurent Solly, les entreprises surestiment souvent la difficulté d’accéder aux outils et sous-estiment celle de transformer leur organisation.

Comme l’électricité en son temps, l’IA ne se contente pas d’améliorer des tâches existantes. Elle remet en question la manière dont les entreprises travaillent, prennent des décisions, coordonnent leurs équipes et créent de la valeur.

Cette transformation pourrait notamment conduire à remettre en question certaines structures hiérarchiques traditionnelles, les modes de coordination ou encore les processus de validation parfois trop lourds.

L’enjeu n’est donc pas uniquement d’adopter l’IA, mais d’apprendre à travailler différemment avec elle.

L’émergence des agents intelligents ouvre une nouvelle ère

Parmi les évolutions les plus marquantes, Laurent Solly met en avant l’arrivée des agents intelligents.

Ces systèmes ne se limitent plus à répondre à une question. Ils sont capables d’exécuter des tâches, d’organiser des informations, de préparer des réunions, de synthétiser des documents ou encore de proposer des actions en fonction d’un contexte donné.

Selon lui, une nouvelle compétence apparaît déjà dans les entreprises, le management d’agents IA.

Demain, un professionnel pourrait piloter plusieurs assistants numériques spécialisés, capables d’interagir avec ses emails, son agenda, ses documents ou ses outils métiers.

« Manager des agents » pourrait ainsi devenir une compétence aussi importante que le management d’équipes humaines.

Les modèles raisonneurs marquent un changement de paradigme

L’intervention est également revenue sur l’émergence des modèles dits « raisonneurs ».

Contrairement aux premières générations d’IA générative, ces nouveaux modèles ne se contentent plus de produire une réponse. Ils développent une capacité de réflexion, de raisonnement et de dialogue beaucoup plus avancée.

Pour Laurent Solly, il ne s’agit pas d’une simple amélioration technique mais d’un véritable changement de nature.
L’utilisateur ne dialogue plus avec un outil de génération de contenu mais avec un système capable de challenger une analyse, d’explorer différentes hypothèses et d’apporter une forme de raisonnement structuré.

Cette évolution ouvre la voie à des usages professionnels bien plus ambitieux dans les domaines de l’expertise, de la stratégie ou de l’aide à la décision.

Comprendre le monde physique, le prochain défi de l’intelligence artificielle

Au travers d’AMI Labs (Advanced Machine Intelligence Labs) , Laurent Solly travaille désormais sur ce qu’il considère comme l’une des prochaines frontières de l’IA.

L’objectif n’est plus uniquement de comprendre le langage humain mais de permettre aux modèles de comprendre le monde physique lui-même.

Images, vidéos, données industrielles, capteurs, interactions réelles, l’ambition consiste à créer des systèmes capables d’analyser leur environnement, de comprendre les conséquences d’une action et d’en planifier d’autres.
Selon lui, les modèles actuels restent encore très limités dans ce domaine.

La capacité à comprendre les interactions physiques du monde et à planifier des séquences d’actions constitue l’un des principaux verrous scientifiques qui restent à lever.

La souveraineté européenne reste un enjeu stratégique

Laurent Solly a également insisté sur la nécessité de faire émerger des champions européens de l’intelligence artificielle.
Alors que les États-Unis dominent aujourd’hui largement le secteur et que l’Asie accélère fortement ses investissements, il estime que l’Europe dispose encore d’atouts majeurs.

Le continent forme certains des meilleurs chercheurs et ingénieurs du monde et bénéficie d’un cadre réglementaire désormais structuré autour du RGPD et de l’AI Act.

Pour lui, le défi n’est pas tant celui des compétences que celui de l’audace et de la vitesse d’exécution.

Le principal risque n’est pas l’IA, mais l’immobilisme

Interrogé sur les freins rencontrés par les entreprises, Laurent Solly identifie avant tout une difficulté culturelle.

Selon lui, l’Europe continue souvent d’aborder l’IA sous l’angle du risque avant d’en percevoir les opportunités.
À l’inverse, les écosystèmes américains ou asiatiques privilégient une logique d’expérimentation rapide et d’amélioration continue.

Son conseil aux dirigeants est donc simple. Il faur tester rapidement, mesurer objectivement les résultats et concentrer les efforts sur des cas d’usage capables d’avoir un impact réel sur le cœur de métier. « Le retard se rattrape toujours. Ce que l’on ne rattrape jamais, c’est l’immobilisme », a-t-il conclu.

Une révolution qui ne fait que commencer

Au-delà des performances spectaculaires des modèles actuels, Laurent Solly invite surtout les entreprises à regarder plus loin.

Agents autonomes, modèles raisonneurs, compréhension du monde physique, automatisation avancée et nouvelles formes d’organisation du travail dessinent déjà les contours de la prochaine décennie.

Pour les professionnels réunis lors de Septeo Future Insights PROTECH, la question n’est plus de savoir si l’IA transformera les entreprises, mais à quelle vitesse elles sauront s’adapter à cette transformation.

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