OpenAI s’apprête à tester la publicité dans ChatGPT dès les prochaines semaines aux États-Unis. Un tournant stratégique majeur pour l’agent conversationnel, qui compte près de 900 millions d’utilisateurs. Derrière ce changement de modèle économique se dessine une transformation profonde de la manière dont les marques, et peut être demain les acteurs de l’immobilier, pourraient capter l’attention des internautes, au cœur même de leurs intentions.
Un virage stratégique assumé par OpenAI
Jusqu’ici, Sam Altman affichait une défiance assumée vis-à-vis de la Publicité sur ChatGPT, qualifiée en 2024 de « recours de dernier ordre ». Mais la réalité économique rattrape OpenAI. Les besoins en infrastructures de calcul, chiffrés en centaines de milliards de dollars, imposent une diversification rapide des revenus.
Avec 95 % d’utilisateurs encore gratuits au printemps 2025, l’introduction d’annonces sponsorisées apparaît comme un levier incontournable. Les projections internes évoquent 1 milliard de dollars de revenus publicitaires dès 2026, pour atteindre 29 milliards en 2029, soit près de 20 % du chiffre d’affaires du groupe.
Pour piloter cette nouvelle phase, OpenAI a recruté Fidji Simo, ex-Meta et Instacart, figure reconnue de la monétisation à grande échelle.
À quoi ressembleront les publicités dans ChatGPT ?
OpenAI insiste sur un point clé. Les annonces seront strictement séparées des réponses de l’IA.
Concrètement, cela va se traduire par :
- Les publicités apparaîtront en bas des réponses, clairement identifiées comme contenu sponsorisé
- Elles n’influenceront jamais les réponses générées
- Aucune donnée conversationnelle ne sera vendue aux annonceurs
- Les utilisateurs pourront désactiver la personnalisation, masquer une annonce et fournir un feedback
- Aucun affichage pour les moins de 18 ans ni sur des sujets sensibles (santé, politique, santé mentale)
Les premiers formats testés évoquent une rupture avec la publicité traditionnelle. Par exemple, une discussion sur un voyage à Santa Fe peut faire apparaître une annonce pour un hôtel local, avec la possibilité d’interagir directement avec l’annonceur dans l’interface conversationnelle. Il faudra évidement suivre ces évolutions.

Une publicité ultra ciblée
C’est sans doute là que réside la véritable rupture. Contrairement aux moteurs de recherche ou aux réseaux sociaux, ChatGPT capte des intentions complexes, formulées en langage naturel, souvent bien en amont de la décision.
Exemples :
- « Je cherche une ville agréable pour investir avec un bon rendement locatif »
- « Quels quartiers sont adaptés pour une famille avec un budget de 450 000 € ? »
- « Comment optimiser un projet d’achat avec rénovation énergétique ? »
Demain, ces conversations pourraient faire émerger :
- des programmes neufs ciblés,
- des agences locales,
- des solutions de financement,
- des outils de rénovation ou de gestion locative.
Quel impact potentiel pour les annonces immobilières ?
La publicité immobilière repose aujourd’hui largement sur la diffusion massive d’annonces (portails, display, social ads). ChatGPT ouvre la voie à une logique radicalement différente à savoir intervenir au moment précis où le besoin s’exprime, dans un contexte informationnel riche. On ne « pousse » plus une annonce, on répond à une intention ciblée.
Une remise en question des modèles traditionnels ?
Si ce modèle se démocratise, il pourrait à terme capter une partie de l’audience en amont des portails traditionnels, repositionner la valeur des plateformes d’annonces et renforcer les acteurs capables de produire des contenus et offres réellement utiles.
Les portails resteraient centraux pour l’inventaire, mais la découverte pourrait se déplacer vers des interfaces conversationnelles.
Une opportunité majeure pour les acteurs locaux
OpenAI met en avant un argument clé en présentant la publicité sur ChatGPT comme un levier d’équité pour les petites entreprises.
Pour l’immobilier, cela signifie potentiellement :
- des agences indépendantes mieux visibles face aux grands réseaux,
- des promoteurs locaux capables de se positionner sur des micro-intentions,
- une nouvelle forme de référencement immobilier, plus qualitatif que quantitatif.
Un mouvement déjà engagé chez Google, Meta et Perplexity
ChatGPT n’est pas un cas isolé. Google teste des annonces dans AI Overviews et AI Mode, Meta exploite les interactions avec son assistant pour affiner le ciblage publicitaire, Perplexity et Grok explorent également ces pistes. Face à cette convergence, l’Autorité de la concurrence française s’est autosaisie, consciente des enjeux de marché et de souveraineté informationnelle.
Une révolution encore prudente
OpenAI le martèle, la publicité sur ChatGPT reste un complément, non un moteur principal. Les abonnements Plus, Pro, Team et Enterprise resteront sans publicité. Mais le signal est clair ! L’IA conversationnelle devient un média à part entière. Pour l’immobilier, secteur ultra-dépendant de la visibilité et de la qualification des leads, ce basculement pourrait s’avérer aussi structurant que l’arrivée des portails dans les années 2000. La question n’est plus de savoir si la publicité conversationnelle va s’imposer, mais qui saura l’exploiter intelligemment et avec quelle éthique. A suivre donc !




