Après deux années de fortes turbulences, le marché immobilier français termine 2025 sur des bases plus stables et plus lisibles. Les données de l’Observatoire Interkab du quatrième trimestre 2025 confirment une reprise progressive de l’activité, une amélioration nette des délais de vente et une stabilisation des prix. Sans euphorie, le marché semble entrer dans une phase de maturité, marquée par des arbitrages plus rationnels et des projets mieux construits.
Une reprise de l’activité portée par le retour des transactions
Le signal le plus net concerne les volumes de ventes. Au quatrième trimestre 2025, le nombre de compromis signés progresse fortement au niveau national, avec une hausse de 29 % par rapport au trimestre précédent. Sur un an, la dynamique est encore plus marquée, avec une augmentation de 42 % par rapport au quatrième trimestre 2024.
Toutes les régions bénéficient de ce mouvement. La Nouvelle-Aquitaine enregistre une progression de 28 % par rapport au troisième trimestre, tandis que l’Île-de-France atteint 38 %. Dans les grandes métropoles, la tendance est similaire, avec une hausse de 51 % à Lyon, 38 % à Paris et 28 % à Marseille.
« La progression des compromis signés observée en fin d’année confirme un retour progressif de la demande. Les projets se concrétisent davantage, avec des acquéreurs plus engagés et des transactions qui retrouvent un rythme plus fluide », commente Olivier Bugette, CEO de La Boîte Immo.
Des stocks en recul et des délais de vente en nette amélioration
Cette reprise des transactions s’accompagne d’un ajustement de l’offre. Le stock de biens à la vente recule de 4 % au quatrième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent. La baisse est particulièrement marquée en Provence-Alpes-Côte d’Azur avec -6 %, en Île-de-France avec -4 % et en Nouvelle-Aquitaine avec -3 %. Les dix plus grandes villes françaises enregistrent également une diminution de 3 % des stocks.
Dans le même temps, les délais de vente poursuivent leur amélioration. Le délai moyen de signature d’un compromis s’établit à 100 jours au niveau national, soit une baisse de 16 jours en un trimestre. Sur un an, la réduction atteint 36 jours. L’Île-de-France affiche un délai moyen de 87 jours et la Provence-Alpes-Côte d’Azur de 98 jours, repassant sous le seuil symbolique des 100 jours.
Des prix stabilisés mais des écarts toujours sensibles
Côté prix, le marché confirme une phase de stabilisation. Au quatrième trimestre 2025, les prix sont stables au niveau national par rapport au trimestre précédent. Sur un an, la hausse reste contenue à +1 %. Dans les dix plus grandes villes françaises, les prix enregistrent même une légère baisse annuelle de -1 %.
Pour autant, les tensions demeurent sur les attentes des vendeurs. Plus de 80 % des agents immobiliers indépendants estiment que les prix restent surestimés. Parmi eux, 43 % jugent l’écart important, compris entre +5 % et +10 %, et 39 % le considèrent très important, au-delà de +10 %.
« Les négociations se sont durcies en 2025, preuve qu’un ajustement entre le prix affiché et la capacité d’emprunt des futurs acquéreurs est toujours nécessaire », souligne Olivier Bugette.
Un marché plus mature et des acheteurs en recomposition
Au-delà des chiffres, le ressenti des professionnels traduit un changement de régime. En fin d’année 2025, 72 % des agents immobiliers indépendants estiment que le marché est entré dans un rythme de croisière, contre 28 % plus réservés. Le marché apparaît moins volatil, plus lisible et davantage ancré dans des projets réfléchis.
Cette évolution se retrouve dans la structure de la demande. En 2025, les agents accompagnent majoritairement des projets de résidence principale. Les secundo-accédants représentent 38 % des acheteurs, les primo-accédants 30 %, les seniors 20 % et les investisseurs 12 %.
La progression des primo-accédants est particulièrement notable. Leur part a doublé en deux ans, passant de 15 % en 2023 à 30 % en 2025. À l’inverse, la part des seniors recule nettement, de 30 % en 2023 à 20 % en 2025. Les investisseurs retrouvent une place proche de celle observée en 2024, sans revenir aux niveaux de 2023, où ils représentaient 15 % des acquéreurs.
Des arbitrages plus tranchés sur les usages et les travaux
Cette maturité accrue se traduit par des arbitrages plus nets. Le segment des résidences secondaires marque un repli marqué. 91 % des agents immobiliers indépendants constatent une baisse des demandes sur ce marché.
Les biens nécessitant des travaux restent également un point de friction. En 2025, 7 professionnels sur 10 indiquent que les acheteurs demeurent réticents face aux projets impliquant des rénovations. Néanmoins, sur ce segment, les indicateurs repartent à la hausse avec une progression de 33 % des compromis signés par rapport au troisième trimestre et de 41 % sur un an. Les délais de vente s’établissent à 108 jours, en baisse de 14 jours sur un trimestre et de 43 jours sur un an, tandis que le stock de biens recule de 7 % au niveau national et de 3 % dans les dix plus grandes villes françaises.
Vers une année 2026 plus lisible mais sans emballement
À l’issue de l’année 2025, le marché immobilier français semble avoir retrouvé des repères plus normatifs. Les volumes repartent, les délais se raccourcissent et les prix se stabilisent, sans effacer les tensions liées au pouvoir d’achat immobilier et aux exigences des vendeurs.
« Les agents intègrent progressivement l’idée d’un marché qui fonctionne sur un tempo différent. Les projets sont plus réfléchis, mais le marché reste actif et lisible pour les professionnels », conclut Olivier Bugette.
Pour 2026, le scénario qui se dessine est celui d’un marché plus sain, plus rationnel, mais toujours exigeant, dans lequel la capacité d’adaptation des acteurs restera déterminante.




