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Encadrement des loyers : ce qui pourrait changer dans les grandes villes après les municipales

Par Hadrien Le Roux

mar 24 mars 2026

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Ce dimanche 22 mars, à l’issue du second tour des élections municipales, une grande partie des équipes sortantes a été reconduite dans les grandes villes : c’est le cas à Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Nantes ou encore Rennes. Mais certaines autres villes vont voir leur mairie investie par une nouvelle majorité à l’aune de ce scrutin, notamment Bordeaux et Strasbourg. Ces résultats peuvent avoir des conséquences très concrètes sur les politiques du logement, et en particulier sur l’encadrement des loyers.

Dans la plupart des grandes villes, la crise du logement s’est en effet imposée comme l’un des thèmes centraux de la campagne. L’encadrement des loyers a fait l’objet de positions particulièrement tranchées de la part des différents candidats. Alors que la gauche poussait pour la mise en place ou l’élargissement de la mesure, la droite visait plutôt un assouplissement voire une suppression pure et simple du dispositif.

Tout cela sur fond de discussion nationale à ce sujet, car l’encadrement des loyers reste expérimental à ce jour, et doit, sans reconduction par voie légale, prendre fin d’ici novembre 2026. Pensé comme un outil de régulation face à la hausse des loyers dans les grandes agglomérations, ce dispositif est décrié par certains, considéré comme l’un des facteurs de la pénurie de logements.

Sortie du dispositif possible à Bordeaux

À Bordeaux, le changement de majorité pourrait rebattre les cartes. Thomas Cazenave, jusqu’alors député Renaissance, a été élu maire de la ville, succédant à l’écologiste Pierre Hurmic.

Lors de la campagne, Thomas Cazenave s’est montré critique à l’égard de l’encadrement des loyers, mis en place par l’équipe sortante à l’échelle de la commune de Bordeaux depuis juillet 2022. Pour le nouveau maire, c’est une « mauvaise réponse à un vrai problème ». Il défend plutôt une politique axée sur l’augmentation de l’offre de logements, la rénovation et la remise sur le marché de biens vacants, afin de restaurer un « modèle économique » pour les propriétaires. Une sortie du dispositif n’est donc pas à exclure à moyen terme.

Reste à voir si cette proposition de campagne sera effectivement mise en œuvre et validée par le conseil municipal.

Vers une mise en place à Nantes, Rennes, Marseille et Strasbourg

Dans plusieurs autres villes, où l’encadrement des loyers n’est pas encore mis en place, les maires réélus ou nouvellement élus en ont fait un de leurs arguments de campagne.

C’est le cas de Johanna Rolland, maire sortante et réélue à Nantes, qui avait déjà porté la candidature de sa ville pour expérimenter l’encadrement des loyers au printemps 2025. Cette demande doit désormais être agréée par le Gouvernement. Lors de la campagne des municipales, la numéro deux du Parti socialiste a réitéré sa volonté de mettre en œuvre cet encadrement.

À Rennes et à Marseille aussi, deux maires PS sortants ont été réélus : Nathalie Appéré pour un troisième mandat, et Benoît Payan pour un deuxième. Tous deux ont inscrit dans leurs programmes la volonté d’appliquer l’encadrement des loyers à l’ensemble de leur commune. Les démarches afin de candidater seront donc à engager à l’issue de l’installation des nouveaux conseils municipaux.

À Strasbourg, autre situation mais même résultat. La maire sortante Jeanne Barseghian (EELV) a été battue aux urnes par Catherine Trautmann (PS), qui a déjà été maire de la ville dans les années 1990. Toutefois, les deux candidates portaient la régulation des loyers au cœur de leurs programmes. Ce changement d’équipe ne viendra donc pas modifier les projets de la ville, qui a adopté dès 2022 une motion de censure en faveur de la mise en œuvre du dispositif. Reste donc à faire la demande d’agrément.

Pas d’encadrement des loyers prévu à Toulouse

La potentielle mise en place du dispositif a fait débat pendant la campagne dans la ville rose, mais la réélection du maire sortant Jean-Luc Moudenc (ex-LR) met fin au suspens : pour lui, pas question de réguler les loyers. Il juge l’expérimentation inefficace, et y est fermement opposé.

Statu quo à Paris, Lyon, Montpellier, Grenoble et Lille

Dans la majorité des villes qui appliquent déjà l’encadrement des loyers, l’heure est à la stabilité. À Paris, Lyon, Montpellier, Grenoble et Lille, la reconduction des majorités sortantes devrait avoir pour effet une continuité du dispositif, voire une extension de celui-ci à l’échelle métropolitaine.

Toutefois, l’avenir du dispositif dépend désormais d’une décision nationale : sans prolongation par voie législative, l’expérimentation prendra fin en novembre 2026. Plusieurs initiatives parlementaires visent à pérenniser la mesure en l’inscrivant directement dans la loi, sans avoir encore abouti.

Un débat idéologique à l’œuvre

L’encadrement des loyers fait figure de marqueur politique, cristallisant deux visions du marché immobilier : d’un côté, une régulation destinée à protéger les locataires ; de l’autre, une approche plus libérale visant à soutenir l’investissement locatif.

Ses détracteurs l’accusent notamment d’avoir réduit l’offre locative dans des zones particulièrement tendues. Ses défenseurs avancent, eux, que cette baisse de l’offre est observable de la même manière dans toutes les villes, avec ou sans encadrement des loyers.

“Par exemple, entre le 1er janvier 2021 et le 30 juin 2024, on observe une baisse du volume d’annonces à la location similaire entre les villes aux loyers encadrés comme Lille (‑35 %), Lyon (‑37 %) ou encore Montpellier (‑37 %) et les villes sans encadrement comme Nice (‑53 %), Strasbourg (‑37 %) ou Toulouse (‑39 %)”, selon le député Iñaki Echaniz (PS).

Selon deux récents sondages (Ipsos BVA et Odoxa), entre 70 % et 87 % des Français se déclarent favorables à l’encadrement des loyers, avec un niveau d’adhésion plus élevé chez les locataires.

Logement Droit & Réglementation

L'encadrement des loyers, c'est quoi ?

Mis en place par la loi Alur (2014), puis réintroduit par la loi Elan (2018), ce dispositif permet aux collectivités volontaires de plafonner les loyers en zones tendues. Les conseils municipaux peuvent demander un agrément au Gouvernement ; les préfets fixent alors chaque année des loyers de référence que les propriétaires ne peuvent dépasser, sauf exceptions.

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