Le gouvernement a décidé de temporiser. Face aux critiques suscitées par la mise à jour des bases fiscales qui devait entraîner une hausse de taxe foncière pour 7,4 millions de ménages en 2026, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé la suspension du dispositif jusqu’au printemps prochain.
L’exécutif entend profiter de ce délai pour bâtir une méthode de calcul « plus locale » et engager une concertation avec les élus. Cette décision marque un infléchissement dans un dossier devenu hautement sensible, sur fond de tensions fiscales, d’incompréhensions techniques et de pression politique à l’approche des municipales.
Un système vieillissant
La controverse trouve son origine dans la révision programmée des bases locatives cadastrales, toujours fondées sur des critères datant de plus de 50 ans. La mise à jour, pilotée par le ministère de l’économie, visait à mieux intégrer les éléments de confort comme l’eau courante, l’électricité, les sanitaires où la salle de bains, dans le calcul de la taxe foncière. Appliquée de manière uniforme, cette mécanique devait toutefois entraîner, dans certains territoires, des hausses jugées disproportionnées et déconnectées des réalités locales. Très vite, l’exécutif a mesuré l’ampleur du malaise ! Les contribuables peinaient à comprendre ces évolutions, les maires exprimaient leurs inquiétudes, la majorité apparaissait divisée et l’opposition voyait dans ce dossier une opportunité politique à saisir.
Lecornu ouvre la voie à une fiscalité plus territorialisée
Pour désamorcer la polémique, Sébastien Lecornu a défendu une approche davantage départementale, voire communale, considérant qu’un traitement uniforme au niveau national ne reflète plus les écarts de marché ni les dynamiques locales. En d’autres termes, ce qui s’applique pertinemment à Rennes, Nice ou Saint-Germain-en-Laye peut s’avérer totalement inadapté dans les territoires ruraux ou les villes moyennes. La suspension décidée jusqu’en mai-juin 2026 doit permettre de redéfinir les critères de calcul, d’intégrer plus finement les réalités locales, de restaurer la lisibilité d’un impôt devenu opaque et d’éviter une nouvelle dégradation du consentement à l’impôt.
Un chantier à suivre de près
En suspendant la hausse, l’exécutif a gagné du temps mais pas résolu le problème. La taxe foncière doit être réformée pour redevenir compréhensible et cohérente, sans fragiliser ni les finances locales ni le marché immobilier.

