Selon une étude Odoxa-Nexity-BFM Business/Capital, 72% des français estiment que les candidats aux municipales devraient proposer davantage de logements à la location ou à l’achat. Cette attente se nourrit du poids croissant que représente le logement dans le budget des ménages, ce qui renforce la responsabilité des maires dans un contexte immobilier déjà très tendu.
Une confiance forte envers les maires, assortie d’attentes élevées
L’étude montre que les Français continuent d’accorder une confiance notable à leur maire, perçu comme l’acteur politique le plus proche et le plus crédible en matière de logement. Néanmoins une large majorité considère qu’il est difficile de se loger dans leur commune et pense que l’offre actuelle n’est pas adaptée aux besoins. Si les jeunes apparaissent particulièrement touchés, une part importante de la population estime que les communes ne proposent pas suffisamment de solutions pour faciliter l’accès au logement. Dans le même temps, un électeur sur deux affirme que le logement pèsera « de manière importante » dans son vote lors des prochaines municipales, signe que le sujet s’installe durablement au cœur du débat démocratique.
Une pression sur l’offre qui renvoie à la capacité de produire
La demande de logements supplémentaires ne se limite pas à une revendication abstraite. Elle renvoie à une réalité matérielle, celle d’un marché où la production peine à suivre la demande. Entre la hausse des coûts de construction, la complexité réglementaire, les contraintes foncières et l’augmentation des exigences environnementales, les collectivités comme les opérateurs privés se trouvent confrontés à des arbitrages difficiles. Les Français attendent des communes qu’elles facilitent la mise à disposition de nouveaux logements, qu’il s’agisse de construction neuve ou de mobilisation du parc existant. Ces attentes ne portent pas seulement sur la quantité mais aussi sur la nature des logements, qu’il s’agisse de typologies adaptées aux jeunes actifs, de logements familiaux mieux dimensionnés ou d’habitats plus vertueux sur le plan énergétique.
L’exigence d’une offre adaptée face aux contraintes budgétaires des ménages
L’étude rappelle également que le logement reste le premier poste de dépense des ménages, qui évaluent en moyenne leur coût à près de 700 euros par mois. Ce poids alimente un sentiment de fragilité économique et renforce la conviction selon laquelle les collectivités doivent agir pour réguler les prix et diversifier l’offre. Les Français expriment aussi une forte attente en matière de rénovation énergétique et considèrent que les dispositifs actuels d’aide à la rénovation devraient être renforcés. Ils sont nombreux à juger indispensable que les pouvoirs publics soutiennent davantage les travaux permettant d’améliorer la performance énergétique du parc existant. Cette demande s’inscrit dans une perspective de long terme, où l’enjeu n’est plus seulement l’accès au logement mais la capacité à y vivre de manière durable et à un coût raisonnable.
Une fiscalité locale devenue sensible et potentiellement décisive
L’étude souligne par ailleurs la sensibilité des Français aux questions fiscales. Une majorité d’entre eux affirme qu’une hausse de la taxe foncière les conduirait à se détourner d’une liste municipale. Une hausse des droits de mutation serait également perçue comme un signal négatif. Cette méfiance montre que les marges de manœuvre financières des communes sont limitées. Toute augmentation de la fiscalité immobilière peut être interprétée comme une aggravation des difficultés d’accès au logement. Les élus locaux devront donc composer avec une équation complexe : répondre à la demande de logements sans accroître la pression fiscale sur les ménages.
Les municipales en ligne de mire
À l’approche des élections, le logement s’impose ainsi comme un enjeu politique central. Les candidats devront clarifier leurs priorités, définir des objectifs crédibles et montrer comment ils entendent articuler production de logements, rénovation, gestion foncière, transition énergétique et équilibre budgétaire. Au-delà des programmes, les Français attendent des résultats concrets, visibles et mesurables. Ils expriment le besoin d’une approche cohérente entre les acteurs publics et privés, et d’une stratégie territoriale lisible. La capacité à produire de nouveaux logements, à rénover massivement le parc existant et à stabiliser la fiscalité pourrait devenir l’un des critères déterminants du prochain mandat municipal.
Une conclusion qui appelle à un changement d’échelle
Le sondage Odoxa met en lumière une réalité devenue incontournable : les Français n’attendent plus seulement des discours sur le logement, ils attendent des actes. Les maires, qui bénéficient encore d’un capital de confiance important, se retrouvent en première ligne face à cette exigence collective. Les professionnels du logement, qu’ils soient bailleurs sociaux, promoteurs, investisseurs ou acteurs de la rénovation, devront, eux aussi, adapter leur stratégie à cette nouvelle donne. Le logement apparaît désormais comme un enjeu politique, économique et social majeur. La période qui s’ouvre pourrait être celle d’un changement d’échelle, où l’action locale et la coopération entre acteurs deviendront les leviers essentiels pour répondre à la demande massive exprimée par les Français.

