Après deux années de hausse brutale, les taux de crédit immobilier semblent entrer dans une phase de stabilisation. Les derniers baromètres publiés par les courtiers CAFPI et Finance Conseil montrent une légère détente sur certaines durées et confirment la volonté des banques de soutenir la production de crédit, notamment auprès des primo-accédants. Une évolution qui pourrait accompagner la reprise progressive du marché immobilier en 2026.
Des taux globalement stables en ce début d’année
Les taux de crédit immobilier semblent désormais évoluer dans une zone de stabilisation. Les derniers baromètres publiés par les courtiers confirment une légère détente observée ces dernières semaines, après les fortes tensions enregistrées entre 2022 et 2023.
Selon CAFPI, les taux moyens obtenus pour les dossiers financés en février s’établissent à :
- 3,13 % sur 15 ans
- 3,26 % sur 20 ans
- 3,41 % sur 25 ans
« Le léger recul observé sur les taux dans certains établissements en février a permis à CAFPI d’obtenir en moyenne pour ses clients des taux de : 3,13 % sur 15 ans, 3,26 % sur 20 ans et 3,41 % sur 25 ans », indique Caroline Arnould, directrice générale de CAFPI.
Dans le même temps, les profils les plus solides continuent d’accéder à des conditions plus favorables. Les meilleurs emprunteurs ont ainsi pu bénéficier de taux pouvant atteindre 2,80 % sur 15 ans, 3,00 % sur 20 ans et 3,15 % sur 25 ans.
Les banques ajustent leurs barèmes pour soutenir la demande
Dans un marché immobilier encore convalescent, les établissements bancaires ajustent progressivement leurs stratégies commerciales. Certaines banques ont légèrement réduit leurs taux afin de capter une clientèle redevenue active, tandis que d’autres maintiennent leurs barèmes afin de préserver leurs marges.
« Les banques aujourd’hui ajustent leur stratégie commerciale au plus près des réalités du marché. Ainsi certains établissements ont choisi de procéder à un léger recul de leurs taux, afin de revenir dans la course concurrentielle avec les autres établissements, quand d’autres les ont laissés inchangés, voire les ont augmentés afin de retrouver un peu de marge », souligne Caroline Arnould, directrice générale de CAFPI.
Cette dynamique s’accompagne d’un retour progressif de la demande, portée notamment par les primo-accédants.
« Aujourd’hui le marché est porté par les primo-accédants, qui représentent près d’un emprunteur sur deux, selon le Haut Conseil de stabilité financière », ajoute Caroline Arnould.
Une stabilisation également observée par les courtiers
Le baromètre publié début mars par Finance Conseil confirme lui aussi cette phase de stabilisation du marché du crédit immobilier.
Les taux moyens observés s’établissent ainsi à :
- 3,02 % sur 10 ans
- 3,10 % sur 15 ans
- 3,20 % sur 20 ans
- 3,42 % sur 25 ans
Les meilleurs dossiers peuvent toutefois obtenir des conditions nettement plus avantageuses, avec des taux pouvant atteindre 2,57 % sur 10 ans, 2,74 % sur 15 ans, 2,97 % sur 20 ans et 3,09 % sur 25 ans.
« En ce début mars, le marché du crédit immobilier reste stable, avec même de légères baisses sur certaines durées. Si la situation géopolitique au Moyen-Orient venait à s’intensifier, nous surveillerions l’impact sur les taux, mais pour l’instant, aucun relèvement significatif n’est attendu », déclare Sophie Ho Thong, directrice générale de Finance Conseil.
Un environnement économique encore sous surveillance
Si la stabilisation des taux constitue un signal positif pour le marché immobilier, les professionnels restent attentifs à l’évolution de plusieurs variables macroéconomiques.
La trajectoire des taux obligataires, en particulier l’OAT à dix ans, ainsi que l’évolution des prix de l’énergie pourraient continuer d’influencer les politiques monétaires et, par ricochet, les conditions de crédit.
« Si le conflit en Iran se poursuivait et s’intensifiait, la hausse des prix du pétrole et de l’énergie pourrait entraîner un relèvement des taux directeurs des banques centrales, avec un impact possible sur les taux de crédit immobilier », précise Sophie Ho Thong, directrice générale de Finance Conseil.




