La pression sur les copropriétaires ne faiblit pas. Selon la troisième édition du baromètre annuel publié par Matera, les charges de copropriété ont progressé de +4,7 % en 2025. Après deux années marquées par la flambée des prix de l’énergie, la hausse est désormais tirée par les assurances et les frais de maintenance, dans un contexte de multiplication des sinistres climatiques. Certaines régions particulièrement exposées voient même leurs charges augmenter à un rythme proche du double de la moyenne nationale.
Une hausse moyenne de +4,7 % des charges de copropriété
Les charges de copropriété continuent de progresser en France. Selon le baromètre Matera 2026, elles ont augmenté de +4,7 % en 2025, soit 43 euros supplémentaires par lot sur l’année.
Cette évolution intervient après plusieurs années marquées par la crise énergétique. Mais la dynamique évolue désormais. Alors que les dépenses liées au chauffage avaient fortement pesé sur les budgets des copropriétés, la pression se déplace aujourd’hui vers d’autres postes de dépenses.
Dans le détail, les copropriétés en chauffage individuel enregistrent une hausse de +3,9 %, tandis que celles en chauffage collectif voient leurs charges légèrement diminuer (-0,5 %) après les fortes augmentations liées à la crise énergétique.
Les assurances deviennent le principal moteur de la hausse
Le changement majeur identifié par le baromètre concerne la nature même des dépenses qui tirent les charges vers le haut.
En 2025, ce sont désormais les frais tertiai
res qui progressent le plus fortement. Les assurances multirisques immeubles augmentent de +16 %, tandis que les contrats de maintenance progressent de +12 %.
La multiplication des sinistres liés aux événements climatiques (inondations, sécheresses ou incendies) contribue directement à cette inflation des primes.
“Les assurances sont devenues le principal moteur de la hausse des charges de copropriété. Dans certaines régions, les augmentations peuvent être spectaculaires. Pour limiter la facture, il est nécessaire de mettre en concurrence chaque année les contrats de d’assurance mais aussi de maintenance de la copropriété afin d’obtenir le meilleur rapport qualité-prix. “ commente Raphaël Di Meglio, Président de Matera.
Des écarts régionaux importants liés aux risques climatiques
L’évolution des charges n’est pas homogène sur l’ensemble du territoire. Les régions les plus exposées aux risques climatiques enregistrent des hausses nettement supérieures à la moyenne nationale.
Trois territoires se distinguent particulièrement :
- Pays-de-la-Loire : +13,3 %
- Provence-Alpes-Côte d’Azur : +8,2 %
- Bretagne : +7,1 %
Dans les Pays-de-la-Loire, les primes d’assurance ont par exemple progressé de +19 %, reflet d’une sinistralité plus élevée. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, ce sont surtout les risques d’incendie et de sécheresse qui alimentent la hausse, avec une augmentation des coûts d’assurance de +18 % entre 2024 et 2025.
À l’inverse, certaines régions sont relativement épargnées. Le Grand Est affiche la progression la plus faible, à +2,7 %.
L’Île-de-France reste la région la plus chère
Si la hausse des charges en Île-de-France reste proche de la moyenne nationale, à +4,1 % en 2025, la région conserve de loin les niveaux de charges les plus élevés du pays.
En moyenne, les copropriétaires franciliens paient 1 158 euros par lot et par an, contre 913 euros au niveau national, soit 27 % de plus.
Les disparités sont également importantes entre départements :
- Seine-et-Marne : +13,9 %
- Val-de-Marne : +13,1 %
- Essonne : +10 %
À l’inverse, les Yvelines enregistrent une hausse plus modérée de +2,1 %, après une forte progression l’année précédente.
Paris reste toutefois le territoire le plus coûteux, avec 1 423 euros de charges annuelles par lot en moyenne, malgré une hausse limitée à +7,5 %.
Des leviers pour contenir la hausse des dépenses
Face à cette progression des charges, plusieurs pistes peuvent être activées par les copropriétés pour limiter l’impact sur les budgets des ménages.
“En complément de la renégociation des contrats, des ajustements simples peuvent produire des effets concrets, comme baisser d’un ou deux degrés le chauffage collectif. Les travaux de rénovation énergétique constituent aussi un levier efficace pour améliorer durablement la performance énergétique et réduire les dépenses”, ajoute Raphaël Di Meglio, Président de Matera.
Dans un contexte où les risques climatiques deviennent un facteur structurant des coûts immobiliers, la gestion des charges de copropriété pourrait ainsi devenir un enjeu croissant pour les propriétaires comme pour les professionnels de la gestion immobilière.
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