L’annonce a fait sensation dans le monde de la robotique. La start-up californienne 1X lance Neo, un robot humanoïde domestique capable d’assumer l’ensemble des tâches ménagères du quotidien pour environ 430 dollars par mois. Une question se pose désormais : quel rôle ces humanoïdes pourraient-ils jouer demain dans nos logements, notre organisation domestique et, plus largement, dans la chaîne de valeur immobilière ?
Un robot piloté à distance
Si Neo existe bel et bien, son autonomie reste limitée. Selon un test réalisé et documenté par le Wall Street Journal, chaque geste est télé-opéré à distance, un humain en casque VR guidant le robot en temps réel. Il faut donc cinq minutes pour manipuler trois assiettes dans un lave-vaisselle, une minute pour prendre une bouteille dans un frigo.
Neo, pour l’instant, n’apprend pas seul, il s’entraîne. Et ses premiers acheteurs seront ses premiers professeurs et parfois ses cobayes.
Une promesse forte mais des paradoxes évidents
Le modèle économique intrigue. Pour 20 000 dollars à l’achat ou un abonnement mensuel, l’utilisateur ouvre littéralement sa maison à des opérateurs humains pouvant, via les “yeux” du robot, observer la vie privée du foyer. La société assure que chaque accès nécessitera un consentement… mais l’idée même soulève des questions de vie privée, sécurité et piratage.
L’enjeu, pourtant, est immense, former une IA embarquée capable un jour d’agir sans intervention humaine.
Une transformation silencieuse de l’habitat
Au-delà de la prouesse technologique, l’arrivée de Neo s’inscrit dans une mutation du rapport au logement :
• Architecture intérieure repensée pour permettre la circulation de robots (espaces, seuils, rangements accessibles, sols adaptés).
• Équipements et cuisines “robot-ready” hauteur des meubles, poignées, capteurs.
• Plateformes de maintenance et supervision intégrées aux habitats.
• Nouveaux services immobiliers : gestion robotisée des conciergeries, assistance aux seniors, automatisation de certaines opérations dans le résidentiel géré.
On pense naturellement aux résidences services, Ehpad, logements seniors, où les bras manquants sont légion. Mais demain, le robot domestique pourrait aussi devenir un argument commercial, au même titre que la fibre ou une borne EV.
Repenser nos intérieurs pour accueillir des robots
L’arrivée de robots domestiques humanoïdes comme Neo pourrait, à terme, transformer la manière dont nous concevons nos logements. Jusqu’ici, la domotique s’est greffée sur l’existant comme les thermostats connectés, caméras, serrures intelligentes. Mais un robot mobile, capable de se déplacer, saisir des objets, manipuler des appareils, impose d’autres contraintes. Circulation fluide, absence d’obstacles, poignées et éléments accessibles, plans de travail standardisés, zones de rangement lisibles, espaces techniques dédiés à la recharge et à la maintenance… Le logement pourrait devenir un véritable environnement “robot-ready”, pensé non seulement pour des humains, mais aussi pour les machines qui les assistent. Comme la fibre a façonné les immeubles connectés, l’essor de la robotique pourrait inaugurer une nouvelle génération d’habitat, où l’architecture intérieure s’adapte aux usages automatisés et aux interactions homme-robot.

