Dans un climat économique et politique marqué par l’incertitude, le marché immobilier français esquisse un rebond prudent. Après un net ralentissement l’an passé, les transactions devraient atteindre 940 000 ventes en 2025, contre 845 000 en 2024, selon les prévisions de la FNAIM. Une dynamique soutenue par un regain de confiance des ménages et la stabilisation des taux d’intérêt autour de 3 %
« L’immobilier revêt un caractère rassurant pour les Français dans un contexte qui reste très incertain », souligne Stéphane Fritz, président de Guy Hoquet l’Immobilier, évoquant des projets « plus réfléchis et réalistes » mais toujours bien présents.
Un pouvoir d’achat immobilier qui progresse
L’ajustement progressif des prix redonne de l’oxygène aux acquéreurs. En moyenne, un foyer peut désormais acheter 84 m², soit 6 m² de plus qu’en 2024, grâce à une baisse du prix moyen au mètre carré de 1,1 % et un budget d’achat stabilisé autour de 347 000 € selon les données de l’Observatoire GH Transaction réalisée en partenariat avec YouGov.
Ce frémissement contribue à un marché plus équilibré et plus accessible qu’un an plus tôt.
Les acheteurs mobilisent davantage leur épargne
Si le crédit immobilier reste le levier central de financement (62 % des projets), les ménages utilisent davantage leur épargne. 44 % des acquéreurs y ont recours, contre 34 % un an auparavant. Une évolution qui traduit à la fois prudence et adaptation face à des conditions d’accès au crédit toujours exigeantes.
Parallèlement, 61 % des acheteurs déclarent souhaiter un accompagnement pour optimiser leur stratégie de financement — une hausse de 6 points en un an, renforçant le rôle de conseil des professionnels.
Les agents immobiliers, repères dans l’incertitude
Dans ce contexte d’arbitrages plus complexes, la demande d’accompagnement progresse. 77 % des vendeurs sollicitent une estimation par un agent, 67 % l’organisation des visites et 65 % la diffusion des annonces.
Leur capacité à gérer la dimension administrative recueille 79 % d’avis positifs, et leur estimation des travaux 71 %, malgré un métier centré historiquement sur la transaction.
Une donnée clé à l’heure où l’IA bouleverse déjà la relation client et la valorisation des biens : le conseil humain demeure une valeur refuge.
Un marché à plusieurs vitesses
La reprise reste hétérogène selon les territoires. Les régions les plus accessibles affichent des hausses :
• Bourgogne-Franche-Comté : + 1,7 %
• Hauts-de-France : + 1,4 %
• Normandie : + 0,7 %
A l’inverse, l’Île-de-France stagne et la Provence-Alpes-Côte d’Azur recule (- 0,6 %)
Dans les métropoles, les contrastes sont marqués, de Paris (+ 1,9 %) à Lyon (- 2,4 %). Les villes moyennes attractives tirent leur épingle du jeu :
• Dunkerque : + 7,6 %
• Colmar : + 5,2 %
• Villeneuve-d’Ascq : + 5 %
Ces évolutions confirment la recomposition du marché au-delà des grandes métropoles, portée par la quête de qualité de vie et d’espace.

