Présent à la 21e édition du salon Diag’Immo, le ministre Vincent Jeanbrun a annoncé la tenue d’Assises du diagnostic immobilier le 21 mai 2026. Objectif affiché, renforcer la confiance, stabiliser le DPE et structurer une profession devenue centrale dans le fonctionnement du marché immobilier.
Une profession devenue stratégique pour le marché immobilier
Avec près de 4 millions de DPE réalisés chaque année, soit environ 11 000 par jour, le diagnostic immobilier s’impose désormais comme un pilier du secteur résidentiel. À lui seul, le DPE structure une partie croissante des décisions d’achat, de vente et de location.
Mais au-delà de la performance énergétique, le ministre a tenu à rappeler que les diagnostiqueurs interviennent sur un spectre bien plus large :
- sécurité des installations gaz et électricité
- risques liés à l’amiante ou au plomb
- pathologies du bâti comme le mérule ou les termites
Autant de diagnostics qui touchent directement à la santé et à la sécurité des occupants.
Dans ce contexte, le diagnostic immobilier devient une véritable “boussole” du marché, influençant à la fois les prix, via les effets de valeur verte ou de décote, et les conditions de mise en location.
Un DPE à stabiliser après des années de réformes
Le ministre a reconnu que la profession avait été fortement sollicitée ces dernières années, en particulier autour du DPE, avec des évolutions jugées parfois trop rapides.
Plusieurs dispositifs ont été déployés pour renforcer la fiabilité du diagnostic :
- création d’un annuaire des diagnostiqueurs
- mise en place de QR codes
- outils de détection automatique des anomalies
- travaux en cours sur la preuve de visite
Après cette phase de transformation, l’exécutif souhaite désormais stabiliser le cadre existant. L’enjeu est d’évaluer l’efficacité des mesures déployées et de limiter les évolutions à des ajustements ciblés, en concertation avec les professionnels.
Le ministre a également inscrit cette stratégie dans la continuité des travaux engagés ces dernières années, saluant la feuille de route portée par Valérie Létard sur la sécurisation du DPE, ainsi que l’implication de députés comme Daniel Labaronne et Lionel Causse sur la fiabilisation des méthodes de calcul.
Une filière encore fragmentée qui doit se structurer
Autre enjeu majeur soulevé, la représentation du secteur. Aujourd’hui, sept organisations professionnelles coexistent, avec des positions parfois divergentes.
Pour le ministre, cette fragmentation nuit à la lisibilité de la filière et complique le dialogue avec les pouvoirs publics.
Dans la lignée du rapport du député Daniel Labaronne, l’exécutif appelle à :
- une meilleure structuration de la représentation
- une capacité à parler d’une voix plus unifiée
- un renforcement du dialogue avec l’administration
Une première étape a été franchie avec une réunion interprofessionnelle le 10 mars, mais le chantier reste ouvert.
Santé, sécurité et formation au cœur des prochaines évolutions
Au-delà du DPE, le gouvernement entend élargir la réflexion à l’ensemble des diagnostics techniques.
Plusieurs chantiers ont été évoqués :
- publication prochaine d’un second plan interministériel amiante
- travaux autour d’une norme sur le mérule et les champignons lignivores
- réflexion sur la formalisation de nouveaux diagnostics techniques
La formation apparaît également comme un enjeu structurant, dans un métier à forte technicité. Le rapport remis par Henry Buzy-Cazaux devrait nourrir des avancées sur :
- la formation initiale
- la formation continue
- le développement de l’alternance
Des Assises pour refonder la confiance dans la profession
Point central de cette prise de parole, l’annonce d’Assises du diagnostic immobilier, organisées le 21 mai 2026 avec le député Daniel Labaronne.
Cette initiative vise à ouvrir un nouveau cycle de concertation autour de plusieurs objectifs :
- restaurer la confiance dans les diagnostics
- améliorer la lisibilité de la filière
- adapter la réglementation aux réalités du terrain
- accompagner la montée en compétence du secteur
Pour le gouvernement, le diagnostic immobilier n’est plus un simple outil technique. Il est devenu un maillon essentiel de la politique du logement, au croisement des enjeux économiques, environnementaux et sanitaires.
Un changement de statut qui impose désormais une structuration à la hauteur de son rôle.
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