Alors que les défaillances d’entreprises atteignent un niveau inédit pour une période estivale (14 371 procédures ouvertes au 3e trimestre 2025, +5,2 %), les agences immobilières font figure d’exception. Selon l’étude Altares, leur sinistralité a reculé de 12 % sur la période, contrastant avec l’envolée des défauts dans la promotion immobilière (+45 %).
Un record de défaillances au 3ème trimestre
L’économie française traverse une zone de turbulence. Entre juillet et septembre 2025, 14 371 entreprises ont fait défaut, soit un record pour un trimestre d’été et une hausse de 5,2 % sur un an. Le seul mois de septembre a concentré 6 800 procédures, un volume inédit depuis 2009.
« L’économie française est plongée dans un épais brouillard, et l’incertitude gèle les décisions d’investissement », observe Thierry Millon, directeur des études d’Altares. « Néanmoins, rien n’est figé. Si la consommation des ménages reste atone, elle ne s’effondre pas. Les Français privilégient l’épargne, mais la période des fêtes pourrait offrir un répit salutaire aux petites entreprises, les plus exposées aux risques de défaillance. Ce dernier trimestre pourrait alors, à défaut d’inverser la tendance, enrayer l’hémorragie et ouvrir la voie vers l’amélioration attendue pour 2026»
Les agences immobilières résistent
Dans un marché immobilier sous pression, les agences s’en sortent étonnamment bien. Altares dénombre 202 défaillances dans la branche au 3e trimestre 2025, soit une baisse de 12 % sur un an. Ce recul contraste fortement avec la tendance générale.
La promotion immobilière au plus mal
À l’inverse, la promotion immobilière reste durement touchée : 107 défaillances recensées, en hausse de 45 % sur un an.
Cette explosion traduit les difficultés d’un secteur pris en étau entre la hausse des coûts de construction, le resserrement du crédit et la lenteur des ventes de logements neufs. Par ailleurs, certains promoteurs de taille moyenne ont dû solliciter des redressements judiciaires pour préserver leurs équipes et leurs chantiers comme Réalités ou Capelli.
Construction : stabilité en trompe-l’œil
Le bâtiment affiche une stabilité (+2 %) avec 3 505 défaillances, mais le second œuvre reste exposé (+4 %), notamment dans la menuiserie bois-PVC et le génie climatique. Le gros œuvre, en revanche, bénéficie d’un léger répit (-4 %) grâce à la maison individuelle et à la maçonnerie. Les travaux publics (-1 %) et certaines filières de la rénovation énergétique conservent une dynamique plus favorable.
Des TPE toujours en première ligne
Les petites structures de moins de trois salariés concentrent 75 % des défaillances.
Mais la proportion croissante de redressements judiciaires et sauvegardes (près d’un tiers des procédures) traduit un effort de sauvegarde de l’emploi : sur les 52 000 postes menacés, 31 000 pourraient être préservés via ces dispositifs.
Des contrastes régionaux marqués
La Bretagne affiche la meilleure performance (-10 %), tandis que le Centre-Val-de-Loire enregistre une flambée des défaillances (+33 %). L’Île-de-France, qui concentre un quart des cas, reste stable (+3 %), malgré un rebond inquiétant à Paris (+17 %).

