La facture continue de grimper pour les propriétaires. En 2025, les Français ont payé en moyenne 1 117 euros de taxe foncière, soit une hausse de 35 % en cinq ans selon la Direction générale des Finances publiques. Derrière cette progression, l’inflation joue un rôle central, mais le débat se ravive aussi autour d’un système de calcul toujours fondé sur des valeurs locatives établies dans les années 1970.
Les propriétaires ont une nouvelle fois vu leur facture progresser. Selon les dernières données publiées par la Direction générale des Finances publiques, les particuliers se sont acquittés en moyenne de 1 117 euros de taxe foncière en 2025, contre 1 082 euros en 2024 et 827 euros en 2020.
Au total, les 31 millions de particuliers concernés ont versé près de 35 milliards d’euros aux collectivités l’an dernier, soit une progression de 2,6 % sur un an. Les logements représentent désormais 95,5 % des biens imposés et près des trois quarts des 55,1 milliards d’euros collectés via la taxe foncière.
Cette hausse continue ravive un débat plus structurel sur la méthode de calcul de cet impôt local.
Des bases toujours construites sur des loyers des années 1970
Dans sa dernière note statistique, la Direction générale des Finances publiques rappelle que la valeur locative cadastrale des logements, qui sert de base au calcul de la taxe foncière, repose encore sur des loyers observés localement dans les années 1970.
Un système jamais révisé en profondeur pour les logements, contrairement aux locaux professionnels dont les valeurs locatives ont été actualisées en 2017 sur la base de loyers plus récents.
Cette réalité a récemment été remise en lumière par orka.tax, une legaltech spécialisée dans la vérification de taxe foncière, qui estime que de nombreux propriétaires paient un montant erroné en raison de données cadastrales obsolètes ou mal renseignées.
L’inflation reste le principal moteur de la hausse
Pour autant, l’obsolescence des bases cadastrales n’explique pas à elle seule la hausse récente.
En 2025, l’essentiel de la progression provient de la revalorisation automatique des bases fiscales indexées sur l’inflation. Le coefficient forfaitaire appliqué l’an dernier a entraîné une hausse mécanique des bases d’imposition.
L’augmentation des taux votés par les collectivités reste plus limitée. Selon la Direction générale des Finances publiques, elle n’a représenté qu’une part marginale de la hausse en 2025, les communes ayant peu relevé leurs taux à l’approche des élections municipales.
Les SCI de plus en plus nombreuses
Autre enseignement de la note, les biens détenus via une Société civile immobilière progressent plus rapidement.
La taxe foncière réglée par les SCI a bondi de 3,9 % en 2025 pour atteindre 7,23 milliards d’euros. La Direction générale des Finances publiques recense désormais 1,5 million de SCI imposables, signe d’une structuration croissante du patrimoine immobilier via ce véhicule.
Un sujet de plus en plus sensible
Pour les professionnels de l’immobilier, cette hausse progressive devient un sujet de plus en plus sensible.
Investisseurs, bailleurs et acquéreurs intègrent davantage la fiscalité locale dans leurs arbitrages, dans un marché déjà fragilisé par des conditions de financement plus tendues et une rentabilité locative sous pression.
Alors que plusieurs pistes de réforme restent politiquement sensibles à l’approche des élections municipales, la taxe foncière devrait continuer de s’imposer comme un sujet majeur pour les propriétaires en 2026.
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